‹ La jeunesse de LamartineChapitre 109 sur 227 · Le Manuscrit de ma mère, p · texte numérisé non relu

Le Manuscrit de ma mère, p

''. hlrm, p. 194. Il fit ce voyage avec un poète plus jeu [QC

lui de six ;i sepl ans, Ufred <If Vigny. 3. Le» Confidences, |>. 326, 327, in-12.

LE POKTE GARDE DU COlU's L83

Franche-Comté, grâce aux bons offices d'un ami de la famille", ancien émigré de l'année de Conclé, veuf d'une jeune femme de Mâcon, M. de Maizod.

Celui-ci, qui habite Maizod, près Saint-Claude, le cache chez lui quelques jours, puis le t'ait gagner, sous un déguisement, par Saint-Cergues, la petite ville de Nyons où il est reçu au château du baron de Yincv, ancien officier au service de la France. Le jeune homme est en sûreté. Il parcourt à pied les plus belles, les plus sauvages parties de la Suisse, s'installe quelque temps chez un pécheur du Chablais, fasciné par ce lac qu'il chantera plus tard en vers d'un souffle si puissant sous le titre de Ressouvenir du lac de Léman, heureux de vivre de cette vie nomade, à l'instar de Rousseau et dans les lieux mêmes qu'il a illustrés, entendant vaguement parler des deux grands poètes anglais Byron et Shelley, dont il a lu les premières œuvres avec ravissement et qui se trouvent en ce moment sur ces rivages, apercevant un jour au détour d'une route les figures si célèbres de M,De de Staël et de Mrae Récamier. Dans cette course un peu vagabonde, il n'oublie pas les devoirs de l'amitié. Il va voir, dans son joli ermitage de Bissy, près du lac du Bour-

get, à l'ombre de la Dent-clu-Chat, son vieux camarade de collège, Louis de Vifirnet, et il lui adresse en le quittant la gracieuse épitre, Adieu :

Oui, j'ai quitté ce port tranquille'.

Le canon de Waterloo a retenti. L'empereur est en fuite. Lamartine retourne à Paris reprendre son service auprès du roi. Il y retrouve son ami de Virieu, comme lui, garde du corps. Mais le métier de soldat ne plaît pas à notre poète ; il n'aime pas la vie de garnison; son esprit toujours en éveil s'y trouve à l'étroit, cherchant vainement pâture; il ne tarde pas à donner sa démission et se met en quête d'un emploi diplomatique.

En novembre, il est toujours à Paris n'ayant rien obtenu encore, écrivant quelques mots sur des matières politiques, ne pouvant trouver d'éditeur pour les publier : « Cela me prive de « quelque argent dont j'aurais grand besoin, ■ écrit-il, mais peut-être cela m'eût-il lait tort « dans certains esprits qui aiment mieux les « vérités de convention que les vérités absolues,

Page 1