‹ La jeunesse de LamartineChapitre 110 sur 227 · Première* méditations poétique · texte numérisé non relu

Première* méditations poétique

LE poî:te garde du corps 185

« qui pensent avec raison que toutes vérités ne (( ne sont pas bonnes à dire en tout temps *. » Songeant à sa petite ville natale, a son académie où il a de nombreux travaux à porter, a son oncle de Montceau qui l'y a fait entrer, et le faisant confident de son amour-propre, de ses espérances, il lui dit gentiment dans une lettre : o

Vous m'avez ouvert la carrière, Vous présidiez vous-même à mes premiers essais. Votre main, à la fois indulgente et sévère, Portant devant mes pas le flambeau qui m'éclaire, Corrigea mes erreurs, prépara mes succès. Un jour ces tendres soins auront leur récompense. Si le ciel me sourit, si le vent destructeur Ne vient pas dessécher mes rameaux dans leur fleur Et ravir au printemps sa fragile espérance, Cet arbre faible encore, par le vent agité, Grandissant sous vos yeux, par vos soins abrité, Portera vers le ciel sa tête vaste et sombre. Vous cueillerez ses fruits, vous aimerez son ombre Et vous direz : c'est moi qui l'ai planté2.

Voilà un hommage bien flatteur pour l'oncle et pour l'Académie, hommage qui vient corroborer

Page 1