Correspondance, t. II, p
J'aime, il faut que j'espère...
Au néant destinés, Est-ce pour le néant que les êtres sont nés ?
Après un vain soupir, après l'adieu suprême,
De tout ce qui t'aimait n'est-il plus rien qui t'aime ?
Ah ! sur ce grand secret, n'interroge que toi !
Vois mourir ce qui t'aime, Elvire, et réponds-moi1 !
C'est la croyance à 1 immortalité de lame qui s'ébauche dans l'esprit du poète, sentiment spiritualiste, platonicien plutôt que chrétien, auquel il va donner plus d'ampleur dans La Prière et surtout dans La mort de Socrate.
Ici, la doctrine de l'immortalité de l'âme est dune nature toute particulière ; le poète croit parce qu'il aime : « J'aime, il faut que j'es- « père... ; » l'homme ne peut mourir parce qu'il aime, parce qu'il est aimé. C'est le rachat de l'âme par l'amour : « Faire dépendre ainsi la « croyance ou plutôt la philosophie de l'univers « d'un sentiment aussi contingent que l'amour, ce observe finement un savant professeur de a l'Université, c'est compromettre l'espèce de