‹ La jeunesse de LamartineChapitre 138 sur 227 · Préface de l'édition d'André Chénier · texte numérisé non relu

Préface de l'édition d'André Chénier

F. Rbtssib — La Jeunesse de Lamartine. 1~>

nouveaux avait touché Chénier dans les dernières années de sa vie. Sans la guillotine, il serait peut-être devenu, au milieu du mouvement romantique auquel il aurait été mêlé, un Lamartine florissant vers 1800. Il aurait peut-être été « la grande voix qui eût dit la mélancolie vague « et flottante du siècle naissant l » , précédant notre poète d'une vingtaine d'années et chantant en vers la plainte de Werther* ou de René.

Tel qu'il est, tel que ses œuvres trop tôt interrompues, hélas ! nous le font connaître, on ne peut le faire figurer dans l'école romantique ni même le compter parmi les précurseurs de cette école. Sa muse est celle des Epicuriens ; il n'a pas ce qui constitue l'élément essentiel de la rénovation du xixe siècle, je veux dire ces accents dolents, attendris, confits en dévotion du christianisme renaissant; il n'a pas même le sentiment spiritualiste de l'école platonicienne. Sa poésie, comme drapée dans sa beauté plastique, conserve l'attitude sculpturale «les théories de jeunes filles aux fêtes des Panathénées.

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