‹ La jeunesse de LamartineChapitre 140 sur 227 · EN ANGLETERRE · texte numérisé non relu

EN ANGLETERRE

En tète sont les trois lakistes : Southey, le poète lauréat; Coleridge, l'auteur du Vieux Marinier, de Christabel et du délicieux chant d'amour adressé à Geneviève « m y bright and beautous bride » ; Wordsworth, le poète des petits, des humbles, delà mansarde, de l'atelier, véritable Coppée anglais, enthousiaste dans sa

jeunesse de la Révolution française1, plus calme clans l'âge mûr, gourmé comme un clergyinan3

tout aux questions d'un christianisme orthodoxe, de philanthropie, de morale surtout. L'amour de la nature dans ce qu'elle a de plus simple le rapproche de Cowper. La fleur la plus commune, la plante la plus ordinaire l'arrêtent, captivent sa pensée et l'inspirent. C'est l'auteur des sonnets au coucou, à la marguerite, que l'école de Byron crible d'épigrammes. Il ne manque pas d'une certaine puissance pourtant, mais il aime le demi-jour, « C'est un poète crépusculaire, a « dit M. Taine, ses vers ressemblent à la mu- « sique grandiose et monotone de l'orgue qui, «■ le soir, à la fin du service, roule lentement « clans la demi-obscurité des arches et des « piliers2. »

A côté des lakistes est née une poésie plus virile, plus près des primitifs. V\\ souille d'Hésiode, d'Homère, d'Eschyle a passé sur l'Angleterre.

C'est d'abord Keats. Pauvre enfant élevé dans

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