‹ La jeunesse de LamartineChapitre 142 sur 227 · Histoire de la littérature anglaise, Hachette, in · texte numérisé non relu

Histoire de la littérature anglaise, Hachette, in

2. « It seeuis actaally inspired by the Titans; it is as sublime as Œschylus ».

Nature ardente, généreuse, toute d'idéal, il ne devait pas tarder à se blesser aux froissements de la vie. Dès le collège, son grand cœur se révolte contre les lois de la société, contre les gouvernements, les rois, les prêtres et contre Dieu lui-même, source, selon lui, de tout mal. Le pauvre Shelley se fait le champion de l'homme contre ce Dieu qu'il hait. Nouveau Prométhée, il veut dérober au ciel le feu pour en réchauffer l'humanité. Ce n'est pas le Prométhée d'Eschyle qui supplie et implore l'aide des Océanides, des Kolides pour intercéder auprès de Jupiter tout puissant et dont « la « plainte au vent se perd ». Non, Shelley est plus fier. Se soumettre est une lâcheté, l'abdication de la dignité humaine. Pour lui,

L'homme est un dieu tombé qui se souvient des cieux

et qui veut les reconquérir.

Il n'est guère redoutable pourtant ce Titan de nos jours. Vraie sensitive, malade, névrosé, il trouve sa consolation dans la vieille Ilellade, mère de toute beauté; dans la nature, la grande Cybèle ; il s'y fond, s'y perd. C'est elle que cette âme adore ; c'est dans son sein qu'elle cherche

le repos, le sommeil éternel. Ce sommeil, elle l'appelle, car elle a toujours une plaie saignante et ce sera la jouissance suprême :

Pacata posse omnia mente tueri.

« Voilà, dit M. Tainc, le pressentiment et « l'aspiration qui soulevèrent toute la poésie « moderne, tantôt en méditations chrétiennes a comme chez Wordsworth, tantôt en visions « païennes comme chez Keats et Shellev. Ils « entendent palpiter le grand cœur de la nature ; « ils veulent arriver jusqu'à lui ; ils tentent toutes « les voies spirituelles ou sensibles, celle de la « Judée et de la Grèce, celle des dogmes con- « sacrés et celle des doctrines proscrites. Un a seul, Byron, atteint la cime1. »

Byron est la grande figure qui domine l'école romantique en Angleterre, comme Goethe en Allemagne et Chateaubriand en France.

Il est plus que Goethe, plus que Chateaubriand peut-être, enfermé dans la contemplation du moi. Il ne s'en détache jamais. Tous ses héros, depuis Childe Ilarold, Lara jusqu'à Man-

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