‹ La jeunesse de LamartineChapitre 144 sur 227 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

(Janvier 1818 à septembre 1818.)

Le Crucifix, chant chrétien. — Angoisses du doute. — La Foi. — Lamartine et Manoël, poète portugais ; œuvre de ce dernier. — Le Lamartine des Odes. — Saûl dédié à Virieu et à Mma C***. — Julie, toujours Julie ! — L'Isolement. — Commentaire de cette méditation sur les lieux mêmes. — Première version ; version définitive ; différences ; raison de ces différences. — Le vieux Didot et Lamartine. — Chénier et L'Isolement.

Julie est morte à la fin de décembre 1817. Virieu qui a été témoin de l'agonie et de la mort n'ose pas annoncer directement à son ami la fatale nouvelle. Il envoie un voisin de campagne, M. Amédée de Parseval, auprès de lui. « Il erra, dit M. Ch. Alexandre, trois jours et

trois nuits dans les bois, sa blessure au cœur1. » Virieu arrive bientôt lui-même apportant les dernières paroles, le dernier adieu et le crucifix baisé par l'amante,

tiède encore De son dernier soupir.

Julie est morte en chrétienne, le Christ sur les lèvres. M. de Bonald a ramené à la foi cette âme qu'avaient atteinte les idées du xvme siècle, mais qu'avaient prédisposée les saintes effusions de l'amour vrai. Le cœur du poète se fond. Pour la première fois, il jette un cri véritablement chrétien, Le Crucifix.

« Le poète a pleuré aux pieds de Jésus crucifié, » a dit fort justement Mgr Perraud :

Au nom de cette mort, que ma faiblesse obtienne De rendre sur ton sein ce douloureux soupir; Quand mon heure viendra, sou viens-toi de la tienne, 0 toi qui sais mourir 2 !

Mais ce cri si chrétien est harmonieux comme un chant funèbre du chœur grec ; pas de gestes,

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