Idem, t. II, p
« que j'étais poète et peut-être le seul ; que « Moïse de M. de Chateaubriand était beau, que « Saiil était fort au dessus1 » Malheureusement, le grand acteur a ajouté que la pièce était injouable, qu'il faudrait la refondre, la refaire.
L'auteur, poliment éconduit, n'en a pas le courage. « Créer est beau, mais corriger, changer, « gâter est pauvre et plat ; c'est ennuyeux, c'est « l'œuvre des maçons et non pas des artistes. « Au reste, je me moque de l'art et des artistes ! « Je pense que les beaux ouvrages sont en puisce sance dans l'âme et que peu importe qu'ils en « sortent ou n'en sortent pas. C'est comme la « vertu qui a son prix en soi et qui, obscure,
« n'en vaut que mieux Mais cela n'est pas
« vrai pour l'argent que les arts doivent pro- « duire pour alimenter l'artiste et voilà ce qui « me désole 2, » et il revient a Milly en novembre, heureux d'y être « et d'y vivre en sabots et en « parfait paysan3 ».
Mais comme toujours, l'automne ramène les heures songeuses, les pensées douloureuses et