Idem, t. II, p. 2G
F. Retssié. — La Jeunesse de Lamartine. 18
2/i LA JEUNESSE DE LAMARTINE
c'est pour cela qu'il l'aime. Il dirait, lui aussi : Ma douleur m'est chère et chère ma souffrance.
Il y a près d'un au qu'il a perdu Julie. Son chagrin, au lieu de s'adoucir, s'aigrit par la solitude.
« Je souffrais trop , il fallait crier [. » Et il compose Y Ode au malheur qu'il a nommée plus tard Le Désespoir. C'est le souffle d'un révolté, le grand souffle de Byron et de Shelley qui inspire cette ode ; « c'était comme un gémissement ou « plutôt un rugissement de mon âme2. »
Dans la première version de L'Immortalité , il avait formulé, on la vu, une plainte étouffée qui se résolvait en sentiment de résignation et en aveu des voies toujours justes, quoique sévères, du Tout Puissant ; il y disait :
Pourquoi suis-je né ?
Pourquoi ? Pour mériter, pour expier peut-être Et puisque tu naquis, il était bon de naître.
Ici , c'est un cri de blasphème ; ce n'est pas l'imprécation désolée mais timide de Job : « Périsse le jour où je suis né ! » C'est le cri de L'homme qui s'insurge contre son créateur :