Correspondance, t. III, p
natale » les lui murmure encore une fois à l'oreille. En traversant les chaînes mamelonnées au pas cadencé de son cheval, comme autrefois en venant de Paris à Montculot, la musique des rimes le berce doucement et, jetant un regard sur le passé, il compose les strophes de l'Ode à Virieu.
Sa vie tout entière se déroule devant lui. Voici l'enfance avec ses promesses :
Jamais d'une teinte plus belle L'aube en riant colora-t-elle Le front rayonnant du destin ?.. .
Puis, la jeunesse, Graziella d'abord :
Reconnais-tu ce beau rivage Cette mer aux flots argentés?
et Julie ensuite, et les bois de Saint-Cloud, et la Seine et l'Institut :
Plus loin, sur la rive où s'épanche Un fleuve épris de ces coteaux, N'ois-tu ce palais qui se penche Et jette une ombre au sein des eaux
Après le passé, ses tristesses et ses deuils, il salue L'avenir d'un œil serein :
Levons les yeux vers la colline!
Où luil l'étoile du matin !
Saluons la splendeur divine
Qui se lève dans le lointain!
Cette clarté pure et féconde
Aux yeux de l'Ame éclaire un monde
Où la foi monte sans effort.
D'un saint espoir ton cœur palpite,
Ami, pour y voler plus vite,
Prenons les ailes de la mort *.
A la fin de l'année, il est à Màcon où il est reçu à bras ouverts par ses collègues de l'Académie qui l'ont nommé président de leur société.
Voici le compte rendu de la « séance du 13 « décembre 1821, présidée par M. Alphonse de « Lamartine » :
« M. le Président prononce un discours dans « lequel il adresse des remerciements à la soft ciété. Il fait l'éloge de plusieurs de ses mem- « bres et particulièrement de M. de Lacretelle, « dont il caractérise le beau talent ; il rappelle « ensuite tous les droits que la société s'est « acquis à 1 estime publique par l'utilité et le « nombre de ses travaux; il vante la bonne har-