‹ La jeunesse de LamartineChapitre 209 sur 227 · Idem, t. III, p · texte numérisé non relu

Idem, t. III, p

Elle parut en septembre chez Ladvocat. Trois éditions se succédèrent en moins d'un mois *.

La Mort de Socrate est plutôt une longue méditation qu'un poème; il y manque les idées véritablement personnelles qui constituent le caractère essentiel du poème , manifestation grandiose de la pensée humaine. Lamartine se contente généralement de mettre en fort beaux vers les dernières paroles de Socrate , telles qu'elles ont été recueillies par Platon, paroles qui renferment l'exposé de la doctrine prêtée par celui-ci à son maître ; pourtant il y a de l'originalité dans certains passages; il y a comme une évocation des doctrines des âges primitifs, un reflet des préceptes antérieurs au platonisme, reflet pythagorique et orphique dans ces vers :

Peut-être qu'en effet , dans l'immense étendue, Dans tout ce qui se meut, une âme est répandue, Que des astres brillants sur nos têtes semés Sont dos soleils vivants et des feux animés

1. 39.170. Samedi, 20 septembre 1823. — La Mort de Socrate, poème, in-8 de 9 feuilles 1/8. Imprimerie de Didot, à Paris, chez Ladvocat. Prix 'i fr. [Journal de la librairie.)

4.070. 27 septembre 1823, J édition [Journal de la librairie).

i.407. 18 octobre 1823, 3e édition [Journal de la librairie).

Que le jour est un oeil qui répand la lumière, La nuit, une beauté qui voile sa paupière, Et qu'enfin dans le ciel, sur la terre , en tout lieu , Tout est intelligent, tout vit, tout est un Dieu.

Puis à la fin le poète jette un cri chrétien. S'adressant aux dieux du paganisme, il leur dit :

Encore un peu de temps et votre auguste foule, Roulant avec l'erreur de l'Olympe qui croule, Fera place au Dieu saint, unique, universel, Le seul Dieu que j'adore et qui n'a point d'autel !

Le Socrate dépeint par Lamartine, en dehors des passages dont nous avons parlé, est le Socrate comme nous l'a présenté son disciple : le sage, « mourant pour la justice et pour la vérité, » sacrifié aux haines des sophistes et du parti sacerdotal.

L'historien anglais Grote ' prétend que c'est là un Socrate purement imaginaire, que le vrai Socrate fut un homme aux mœurs corrompues, justement flétri par Aristophane , un homme « occupé gravement à mesurer le saut d'une « puce ».

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