‹ La jeunesse de LamartineChapitre 21 sur 227 · Cours familier de littérature, premier entretien, p. 4G · texte numérisé non relu

Cours familier de littérature, premier entretien, p. 4G

2, Idem, premier entretien, p. 46 et 47.

viennent de distance en distance a se glisser entre des blocs de calcaire. Enfin, la terre végétale apparaît et un taillis de chênes couronne le sommet, qui, doucement incliné du côté de Milly, s'arrête, brusquement coupé, et se hérisse de roches jaunâtres effritées pendant sur la vallée de Sologny.

C'est sur cette montagne se creusant d'abord sous ses pas comme pour l'inviter à en gravir la pente, que, par un sentier bordé de buis et de pierres toutes constellées de lichens jaunerouille, le poète, soulevant le loquet de la porte du jardin, faisait presque chaque jour ses promenades rêveuses.*

La vue dont on jouit, à la cime, par une claire journée d'été, est fort belle et a un grand caractère.

Au midi, le village de Pierreclos et son vieux château de grandiose tournure dévalent des derniers contreforts des collines environnantes jusqu'au fond de la vallée de la petite Grosne. Cette vallée, toute verte d'herbages et de hauts peupliers, monte insensiblement, décrivant un lacet de couleuvres, les pentes boisées de Serrières, de la Grange-du-Bois, de Cenvcs et va se perdre dans les monts du Beaujolais.

A l'ouest, tout en bas, est blotti le joli village de Sologny, au fond d'un site alpestre traversé par un petit ruisseau qui vient baigner les terrasses du château de Byone.

Sologny est dominé par son vieux clocher, grosse tour rectangulaire percée d'ouvertures qui ressemblent à des meurtrières. Au dessus et par delà la masse imposante de Berzé-le- Châtel, se profile une longue chaîne de montagnes couverte de bois sombres, chaîne précédée de croupes arrondies , de cimes mamelonnées, étagées, qui ont rappelé à Lamartine les hauteurs de la Sabine, de la Laconie et de l'Arcadie l.

Au nord, la vue s'étend sur le hameau de la Croix-Blanche, sur la vallée de Berzé-la-Ville, assombrie par son pic aux roches noirâtres, déchiquetées, mais égayée par l'élégante silhouette du château des Moines, puis sur celle de Saint-Sorlin, assise aux pieds de son signal.

A l'est, le paysage est tout différent; le panorama est vaste, étendu, ouvert aux larges horizons. Derrière le Monsard, se détachent les dents de Vergisson et de Solutré. La petite

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