‹ La jeunesse de LamartineChapitre 22 sur 227 · Préface des Harmonies · texte numérisé non relu

Préface des Harmonies

Grosne, après avoir arrosé Serrières, Pierreclos et Bussières, tourne brusquement en face Saint- Sorlin, se faufile, glisse et va se perdre, en décrivant une courbe gracieuse, dans les prairies de a la dormante Saône1 ». Par delà cette rivière, « ruban d'argent étendu comme une toile qui sèche sur l'herbe 2, » et les pâturages gras de la Bresse, qui rappellent les lierbosa prata de la Lombardie, se dessinent dans un lointain un peu vaporeux les collines du Bugey, les dernières ramifications du Jura, les premiers contreforts des Alpes et enfin, comme un nuage, le sommet du Mont-Blanc.

C'est le soir, avant le crépuscule, qu'il faut contempler le spectacle qu'offre le sommet du Craz. Notre poète, à cette heure-là, venait s'asseoir sur l'herbe dans le taillis de chênes.

Caché derrière un mamelon avancé, le soleil qui se couche lance à droite et à gauche, sur une longue ligne de montagnes bleuâtres, une traînée de rayons d'or qui poudroient et s'abaissent sur Pierreclos et sur Sologny.

fg.1. L'abbé de Coulanges dans les lettres de Mmo de Sévigné.

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