‹ La jeunesse de LamartineChapitre 213 sur 227 · Correspondance, t. III, p · texte numérisé non relu

Correspondance, t. III, p

L'. Idem, t. III, ,,. 299.

métaphysique donl von» m'avez enchanté. Voilà une lettre comme Platon en eût écrite à ses disciples ou saim Paul à ses cathécumènes. Voilà comment il faudrait suivent s'écrire. Alors l'amitié si bonne au cœur deviendrait également utile à l'âme, et ces belles et grandes pensées qui traversent de tems en teins l'intelligence, n'iraient pas se perdre dans le néant comme les rêves de la nuit. Je ne cesserai mon cher maître en Platon de vous crier d'écrire et d'écrire encore et décrire beaucoup, peu de gens vous entendront, qu'importe? Ceux-là n'ont pas besoin de vous entendre ; chacun vit de son élément. Vous parlez une langue morte et sacrée, le vulgus n'a pas besoin de la comprendre, vous ne la parlez pas pour lui. C'est un devoir quand on a du loisir, de la santé et du talent, d'exprimer ce qu'on sent de bien et de beau le mieux qu'on le peut. On ne nous demandera pas compte de nos grandes action^ à nous qui n'avons pas à agir sur la terre, on nous dira qu'avez-vous pensé ? et si vous avez pensé si bien pourquoi vous êtes-vous tu ? Cependant mon cher Fréminville il y a encore sur vos idées un voile, un nuage que je n'ai jamais complettement vu se dissipper. Je voudrais savoir, et je vous l'ai déjà demandé, ce que vous pensez de la révélation et pourquoi et comment vous en pensez? il faudra me répondre. J'y crois mais je voudrais voir comment

F. Reyssié — La Jeunesse de Lamartine. '2'i

un homme de voire force y croit, ses motifs fortifieraient les miens qui sont purement de sentiment. Ce serait bon à présenter à ceux qui doutent.

Adieu, le papier finit.

Lamartine.

En suscription :

A Fréminville Lyon.

Durant l'hiver, il quitte Saint-Point, poussé par sa famille, pour aller à Paris poser sa candidature à l'Académie française. Il échoue.

La mère du poète est plus désolée que le poète lui-même de cet échec : « Alphonse revient de « Paris, écrit-elle le 4 décembre 1824; il n'a « pas été nommé à l'Académie française; c'est « M. Droz qui l'a emporté sur lui; j'ai été fâchée « d'avoir trop engagé mon fils à se présenter. « J'ai été affligée surtout pour mon mari qui « mettait un grand intérêt à ce succès; enfin, « Dieu et les hommes ne l'ont pas voulu, il faut « accepter cette peine sans aigreur et sans inur- « murer1. »

Lamartine n'étail pas oublié pourtant. Le roi

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