‹ La jeunesse de LamartineChapitre 219 sur 227 · There is a very life in oar despair · texte numérisé non relu

There is a very life in oar despair

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[Childe Harold.)

la vie de famille, qui aime Charlotte paire qu'elle vit entourée de frères auxquels elle distribue gentiment des tartines et qu'elle est une grande sœur modèle. Il prend la vie en dégoût parce qu'il est désœuvré, incompris et qu'il n'a pas de situation «à la hauteur de ses talents. C'est le type des ténébreux de G. Sand. Son Faust est un héros qui a mal à l'àme et qui rêve pour l'humanité une destinée meilleure, mais qui ne pense pas a saper les gouvernements. Son Prométhée, lui-même, s'insurge contre Dieu seul, laissant en paix les représentants terrestres de son autorité.

Le Reiié de Chateaubriand est un gentilhomme qui baille sa vie, vie inutile, mais bien inoffensive, en France d'abord, en Amérique ensuite.

Les héros de Byron sont d'une autre trempe; tous ont l'âme même du poète : cette âme a la tristesse, la sombre mélancolie des nations du Nord, mais elle en a aussi la puissance, l'activité, l'énergie. Byron a dans le sang l'esprit d'aventure de ces Northmen qui, partis des plages Scandinaves, remontaient dans des barques le cours des fleuves et venaient élira ver les derniers Carolingiens ; puis, devenus plus forts,

frétaient des flottes pour nller fonder des royaumes en Sicile, en Grèce, dans l'Asie Mineure. Il y a du chef normand, du Rollon, du Tancrède, du Bohémond, du Richard dans Le Giaour, dans Le Corsaire, dans Lara. Plus de frein, plus de conventions sociales, plus de religion établie, plus de gouvernement reconnu; l'instinct, l'audace du selfhelp, du selfreliance, voilà la nature des personnages de Byron et de Byron lui-même.

Mais, le croirait-on, à ce moment, ce poète essentiellement révolutionnaire, qui foulait tout aux pieds, plut à tous. Whigs et Torys chantèrent ses louanges. Ce fut un engouement. Voilà qui est hardi, disait-on, voilà qui est crâne, et le jeune lord était un objet d'admiration, d'adulation ; les femmes, surtout, rêvaient d'un Giaour, d'un Lara qui les enlèverait, les jetterait dans son sloop et les emmènerait captives au vieux manoir de Newstead-Abbey.

Le poète ne jouit pas longtemps de ce triomphe. Un mariage malencontreux vint tout gâter. Par malechance, il épousa la fille d'un baronnet anglais, riche, bien ('levée, mais qui personnifiai le cant puritain. Miss Milbanks

était la pruderie britannique elle-même, vraie héroïne de Richardson, sœur du chevalier Grandisson. Elle s'était mariée avec le jeune lord « pour le convertir », disait-elle. Des querelles de ménage ne tardèrent pas à surgir. Au bout d'un an, la jeune femme déclara qu'elle ne voulait plus vivre avec son mari.

Le public anglais prit fait et cause pour elle. Ce fut un toile général contre le poète. L'Angleterre qui, d'après Macaulay, a tous les sept ans des accès de vertu au bout desquels elle se rendort1, s'enflamma tout entière comme si c'eût été une injure personnelle. Tout le monde fit chorus. Les ennemis que le poète s'était faits par ses E/iglish Bards profitèrent de l'aubaine. Tout ce qui rampait leva la tête et mordit à qui mieux mieux :.

Bvron laisse clabauder sans s'émouvoir; mais enfin, écœuré, il met à la voile, le 20 avril 1816, et quitte sa patrie pour ne plus la revoir.

1. « And our virtue goes quietly to slecp for seven years « more. » Macaulay. Critical and historien. Essays. Moore life ofDyron, I, p. 312. Tauchnitz édition.

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