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Oraison funèbre, 21 octobre

F. Reyssié. — La Jeunesse de Lamartine. 5

Les agneaux pas à pas égarés jusqu'au soir, A revenir comme eux laver leur blanche laine Dans l'eau courante du lavoir.

J'aimais à me suspendre aux lianes légères, A gravir dans les airs de rameaux en rameaux Pour ravir, le premier, sous l'aile de leurs mères, Les tendres œufs des tourtereaux1.

Pour lui, cette vie de berger est pleine de charme.

Pendant la journée, vêtu d'une culotte et d'une veste de gros coutil bleu écru, un morceau de pain et un fromage de chèvre dans la poche, il court les montagnes avec ses petits camarades, les enfants de Milly.

Le soir, pendant les longues veillées d'hiver, il va faire cuire des châtaignes sous la braise, au four qui se trouve en face de la porte de la maison, ou il se faufile dans l'écurie des vignerons. Là, à la lueur du crucieu2, lampe en cuivre en forme de croix, erux, tandis que les hommes tillent le chanvre, ou fendent l'oseraie avec les dents en trois brins bien égaux, les femmes

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