‹ La jeunesse de LamartineChapitre 46 sur 227 · Le Manuscrit de ma mère, p. lii · texte numérisé non relu

Le Manuscrit de ma mère, p. lii

« heureux1 ! » Et elle le présente à toute la famille réunie à Montceau, et non sans orgueil. « Seulement je ne lui trouve pas le ton aussi « doux que je le voudrais ; mais je crains de « l'éloigner de moi qu'il aime tant en le gron- « dant là-dessus, et, d'un autre côté, je crains « de le gâter par trop de condescendance. Mon « Dieu, qu'il est difficile de faire un homme2! »

Chacun a lu les pages éloquentes des Confidences où Lamartine dépeint ses sentiments de piété au collège de Belley, et ce que nous appellerions maintenant son état d'âme :

« Je vivrais mille ans que je n'oublierais pas « certaines heures du soir où, m'échappant a pendant la récréation des élèves jouant dans « la cour, j'entrais par une petite porte secrète

« dans l'église déjà assombrie par la nuit et

« je m'abîmais en Dieu...3 »

Nous avons vu par le Manuscrit que cette inclination pieuse était de fraîche date ; disons le mot, elle n'existait pas alors. Ces rêveries extatiques ne sont pas du Lamartine de Belley;

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