Correspondance, t. I, p
-. Le Manuscrit de ma mère, |>. 157.
VOYAGE BN ITALIE GltAZIELLA 145
« retour. Tout nous sépare, quoique tout nous « unisse. Je vais prendre incessamment un parti « violent pour obtenir sa main à vingt-cinq ans. .. « J'entre au service, j'essaie de me faire tuer ou « du moins d'acquérir un grade qui puisse me « faire vivre ma femme et moi... je dis ma femme « car je la regarde comme telle et que rien au « monde ne peut nous séparer1. »
La famille prend peur, la mère surtout; il est temps d'éloigner cet enflammé ; une occasion se présente. Une cousine fait un voyage de noces en Italie. On lui propose de l'accompagner. C'était un rêve dès longtemps caressé. Goethe, pour se consoler de l'amour malheureux de Lilli, n'était-il pas parti, lui, le grand maître, en Italie, en Sicile? Aussi, quoique féru d'amour, s'est-il bien vite décidé. « Je vais parcourir cette « Saturnia tellus si désirée, écrit-il à Virieu. Ce « soir, je vais annoncer mon triste départ ; que u de larmes vont couler!... mais j'ai du cœur et « toutes les Armides de ma patrie ne retiendront « pas un preux chevalier qui va courir les aven- « tures et voir tout ce qu'il y a eu et tout ce « qu'il y a encore de beau, de grand dans le