Correspondance, t. I, p
« aurions dû penser à lui et non à nos répuu gnances ou à nos opinions1. »
En décembre, il est à Naples, ayant encore son amour au cœur. « Je traîne, je promène, je « berce par toute l'Italie mes ennuis déchirants. « Je suis comme un malade à qui la force de la « douleur en ote parfois le sentiment, mais qui « revient, trop tôt pour lui, à la souffrance et à « la vie2. ))
Mais le ciel de Naples l'enivre ; il flâne à Pouzzoles, à Baies, a Solfatare, fait l'ascension du Vésuve avec des Napolitaines, emploie son temps à courir, à voir sans suite et sans raison et ne tarde pas à s'acagnarder dans le far niente. « Endormons-nous ensemble, mon ami, « écrit-il à Guichard, laissons-nous bonnement « conduire par les circonstances. Suivons le « gros du troupeau qui mange et qui dort et (( vit au jour la journée, sans s'inquiéter d'amour, a ni d'avenir, ni de gloire3. » Et à Yirieu : « Tu « ne saurais croire à présent à quel point je (( porte l'inconscience et l'imprévoyance par-
1. Le Manuscrit de ma mère, p. 166, 167. 1. Correspondance, t. I, p. 33«.l, 337. S. Idem, t. I, p. 338.
<< tout ; c'est l'air du pays ; je deviens un vrai « lazzarone ; j'ai gagné enfin le sommet élevé du « haut duquel je vois tout sans que rien m'at- « teigne ' . » Et il le presse de venir le rejoindre : « Les mots me manqueraient pour te décrire cette « ville enchantée, ce golfe, ces paysages, ces « montagnes uniques sur la terre, cet horizon, « ce ciel, ces teintes merveilleuses. Viens vite2. » Virieu est à Naples auprès de son ami à la fin de janvier 1812.
Il résulte de sa correspondance que le poète arrivé à Naples à la fin de novembre 1811, y est resté jusqu'au commencement d'avril 1812. C'est donc dans cet intervalle que doit se placer l'épisode de Graziella. Les Confidences fixent au 1er avril l'arrivée à Naples ; c'est une erreur. « Lamartine n'est pas l'homme des dates, » a dit Sainte-Beuve.
Mais Graziella a-t-elle existé?
Dans la correspondance, il n'en est pas question. Voici la seule allusion qui en est faite : A la date du 9 novembre 1813, dans une lettre à