‹ La jeunesse de LamartineChapitre 94 sur 227 · Premières méditations poétiques · texte numérisé non relu

Premières méditations poétiques

VOYAGE K.\ ITALIE GRAZIBLLA L61

C'est ce chant imité, presque traduit de Properce, inspiré par Graziella et murmuré à son oreille et qu'en infidèle amant le poète devait plus tard dédier. -1 Elvire.

Oui, l'Amo murmure encore Le doux nom de Cynlhie aux rochers de Tibur'.

L'élégie intitulée Tristesse :

Ramenez-moi, disais-je, au fortuné rivage2,

est de la même inspiration, quoique écrite un peu plus tard, quelque temps après la rentrée du poète en France.

Dans ces vers tout anacréontiques, sorte de guirlande à .Graziella, il y a bien déjà une note rêveuse, mais ce n'est pas celle encore du xixe siècle. Non, la muse des élégies du Lamartine de vingt ans, c'est celle des épicuriens qui parfois trouvent de l'amertume au sein des voluptés ; c'est celle d'Horace qui , comme piment à ses plaisirs, chante la vie trop courte, la jeunesse qui s'envole, la beauté éphémère ; mais Horace n'est point un mélancolique. Carpe diem est sa

Page 1