Premières méditations poétiques
'1. Nouvelles méditations poétiques.
Y. RjSTSSlB. — La Jeunesse de Lamartine. 11
devise. Chez Lamartine, pourtant, il y a je ne sais quoi de plus attendri ; la nature est plus sentie; elle semble déjà s'insinuer au cœur de l'homme ; on v devine les larmes des choses.
Puis, bientôt, à côté de ces chants d'amour, naissent des accents plus mâles. Le souille du poète est plus touché de la vivifiante influence homérique. C'est Virgile, c'est Théocrite qui l'inspirent cette fois.
Sous cette impulsion, il entreprend un poème des pécheurs. Ce poème est perdu ; nous n'en avons qu'un fragment, Le Pasteur et le Pêcheur :
C'était l'heure chantante où, plus doux que l'aurore, Le jour en expirant semble sourire encore1.
Puis Sapho, élégie antique :
L'aurore se levait, la mer battait la plage2.
Ce fragment de poème et cette élégie, tous deux frappés au coin grec le plus pur, aux vers alexandrins impeccables, tout vibrants
« Du langage sonore aux clartés souveraines,
u Le plus beau qui soit aé sur de 3 lèvres humaines 3, »
*J. nouvelles méditations poétique».
'.. André 1 !h£nibr, L'Invention.
rapprochent le Lamartine de Naples du Grec de Byzance, André Chénier ; même amour de la forme, même adoration de l'antique.
Si Chénier est païen, « athée avec délices1, » si l'idée de Dieu est absente de sa poésie, s'il ne voit pas dans les étoiles « des fleurs divines qui « jonchent le parvis du saint lieu », son ciel, en récompense, est pur et luit d'une sereine clarté.
Pour Lamartine aussi, le Lamartine de vingt ans,
Paies encore a des asiles verts, Les amours des baisers, les muses des concerts2.
Tous deux ont le même culte, l'éternelle beauté.