‹ La jeunesse de LamartineChapitre 96 sur 227 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Avril 1812 à août 1816.)

Retour en France. — Désœuvrement. — Fugue à Paris ; vie folle. — A Milly; ébauche de tragédies; Médée. — L'invasion. — Les cent jours. — Lamartine garde du corps à Beauvais ; les loisirs de garnison du poète-soldat. — Un congé à la « terre natale ». — Etat d'àme ; lettre à Yirieu ; lettre à M. de Fréminville (inédite). — Lamartine à Béthune, puis en Suisse. — Après Waterloo, reprend service, puis donne démission. — Les vers à l'oncle de Montceau ; les quatre livres à'Élégies; C/ovis.

Les économies de la mère sont épuisées ; le père se fâche, il faut revenir. Notre voyageur temporise, ne peut se détacher du pays enchanté, puis il craint les reproches; il a fait des dettes.

Enfin il se décide et s'achemine vers la France à petites journées. A Florence où il s'arrête et

où il est reçu par M. de Fréminville, on le trouve changé, maigre et jaune.

A la fin d'avril, il est à Lausanne, reconquis par Rousseau, sur les traces de Saint-Preux. « Quel pays, mon ami, écrit-il à Virieu qu'il a « laissé à Rome, quelles vallées, quelles mon- « tagnes, quels horizons, quelles délicieuses « collines ! Comme tout cela réveille dans l'âme a ce vague désir d'amour et de bonheur qui « nous tourmente ] ! »

Il s'attarde plus de deux mois au sein de cette nature alpestre, fait une fugue de trois semaines à Paris, s'y ennuie, va retrouver à Montculot, chez son oncle l'abbé, toute sa famille qui y est réunie et qui lui fait grise mine, à l'exception de sa tendre mère qu'on rabroue et qui souffre en silence, et vient s'ensevelir à Milly, « accablé « de maux de toute espèce et sans force pour « rien souffrir, sans espérance pour l'avenir2. » Mais là, au nid d'enfance, il ne tarde pas à se reprendre. L'automne est venu, sa saison favorite, et avec lui toutes les songeries fécondes qu'il lui inspire. « Je sens ma tète pleine d'idées et

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