Idem. t. II, p
aliment suffisant pour cet esprit inquiet. « Je « suis, la nuit et le jour, écrit-il à Virieu, enfoncé u dans mes lugubres rêveries et mes pensées « sur l'avenir et sur tout ce qu'il nous importc- « rait tant de mieux connaître. Cette longue « souffrance que j'éprouve m'y ramène avec plus « de force; peut-être me sera-t-elle salutaire et « heureuse, car qui sait les fins et les moyens « de là-haut? Je demande seulement au ciel de « la résignation qui me manque un peu, et de la « force et de la lumière dont j'aurais tant besoin. « Quelquefois, je sens de douces consolations « descendre au fond de mon cœur ; d'autres fois, « il est étouffé d'angoisses1. »
La mère se désole, veut voir son fils heureux; croit que cette vie de province ne lui vaut rien. Elle va quêter pour lui chez les oncles, chez les tantes, chez la chanoinesse du Villard surtout, parvient à réunir enfin quelques pièces d'or et l'envoie à Paris.
11 y arrive il la fin d'avril. Il vient d'avoir vingt-deux ans, est joli garçon, (le n'est plus le petit paysan de Milly à grosse face réjouie; c'est