LES PAYS DE LA LOIRE, REFUGE DE LA DYNASTIE
Au cœur du Jardin, est le Berry* qui, au nord, a sa Sologne argileuse et déserte ; au sud, dans la Brenne, ses marais au-dessus desquels flotte un éternel brouillard ; mais, au centre, la campagne berrichonne s'étend fertile et délectable. Là se dresse Bourges, la plus ancienne cité de la Gaule, Tantique métropole de TAquitaine ; ses murailles circulaires sont garnies de quatre-vingts tours ; cette formidable enceinte est inaccessible, protégée de trois côtés par des marais et des cours d'eau, et par des fossés profonds, du côté du Bourbonnais ^ Le tempérament et le caractère des habitants du Berry sont divers comme les aspects de son sol ; plus robuste, plus actif dans les vignobles et les terres cultivées, le Berrichon est plus faible et plus lent dans les plaines marécageuses; mais, en général, il est, au physique, allègre et sain ; d'humeur pacifique et sédentaire, il rachète sa nonchalance naturelle par son bon sens aiguisé d'une pointe de finesse ; il a Tinstinct de l'ordre et de l'économie, et, en affaires, il fait preuve d'une prudence avertie'.
L'expression si rusée, presque matoise, répan-
* Voy. Raynal, Histoire du Bcrr)..., (Bourges, i8 i5-i8-i7, 4 vol. in-So), t. I.
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le Bon avait donné le Berry en apanage à son troisième (ils Jean. Le nouveau duc avait reconstruit une partie de la ville détruite par on terrible incendie en i353.
' Raynal, Histoire du Berry ^ t. I.
due 9iir la phvâîocioaiie de LouU XI. saisi au repos, i:^l un de?» traita caractéristiques du type berrichon. Ce prince, né et nourri a Bourges, élevé à Loches et a Tours, a conservé dans toute sa personne comme un goût de ces terroirs : son habituel maintien. Mrs gestes familiers, le tour de son esprit font penser au physique et au naturel des habitants du centre de la France. Du reste, jusqu'à sa dernière heure, le souvenir de son pays de la Loire lui est demeuré cher ; pendant le u dur et long voyage » que fut son règne, il y revint fréquemment : toujours il le revit avec joie et, aux heures difficiles, c'était à Amboise. à Montils-lès-Tours qu'il aimait ii se retirer, en solitaire, pour méditer sur Tévénement passé, combiner de nouveaux projets et mûrir ses desseins \
^ Cf Lettres de Loui» Xf, roi de France, pobl. par J. Vaesen et Kt. Cbaravay dam» la Coll. Soc. Hist. de France, LeUres da Koi, fi6i-iî83. (t. II..., IX, Paris, i88S... 190S;.