LES PAYS DE LA LOIRE, REFUGE DE LA ROYAUTÉ M
rer longtemps encore des foyers d'insurrection. Aussi semble-t-il que c'était seulement dans la belle et calme région qui s'étend de Nevers à Saumur et qu'arrose la Loire, le plus français de nos fleuves, que pouvaient éclore et se développer un art et une littérature d'inspiration et d'exécution purement françaises : les terres fertiles y abondent^ les mœurs y sont douces, Thumeur égale de ses habitants est aussi éloignée de la froideur des gens du Nord que de Fexubérance des méridionaux ; et en effet, c'est dans cette riche et paisible contrée que les chefs-d'œuvre de notre Renaissance ont été conçus et exécutés.
Le Jardin, toutefois, renfermait un vaste espace sauvage et stérile : la Sologne, au sol de sable, aux marais nombreux ; aucune route n'y était tracée ; ses forêts n'étaient que rarement traversées par les courriers du Roi, et ceux-ci ne s'y aventuraient que sous bonne escorte ; leur passage éveillait un peuple de pauvres êtres a caïmans, capots et lépreux » qui végétaient à demiasphyxiés par les miasmes des eaux croupissantes *.
Au sortir de cette terre de désolation, la Beauce apparaissait luxuriante ; inépuisablement fertile, elle était le grenier du royaume. Orléans, sa capitale, entouré de prés, de vergers et de forêts,
^ A la (in du xviii^ siècle, le sol de la Sologne n'avait pas encore* été amélioré ; voir Comte de Dienne, Histoire du dessèchement des lacs et marais en France avant 1789, (Paris, 1891, in-8<^).
roriUrriàit le rr.^rch*r •i'rs Llr"? de u Beauee et de rornhreij-îe?? irid^^^trie-: de plu^. s*>n Université, rj'ii profitai* de là drr-ihrince de celle de Paris, #:Uit ^iri;?ïjHeremerit tlvris^^inle: enlia. dans son rh^jteàu. dar.s *es »r;:rli'?e> se tnjuvaient entassées des rner\eille?? de l'ârl du sculpteur et de lorfevre •.
CoritiniiorîS .j descendre la Ci5jj:nîiique Loire * * : Tifjtïfi pàî^sons au j/ied du pittoresque coteau où s'élève Blois dont la vieille forteresse est assez vaste pour loger une armée ' : nous voici dans le délicieux pays de Touraine c vrai paradis terrestre et \rh\f: terre de jjn.#niission *. . L'air est doux, le ^•iel presque toujours pur, les prairies cmaillées iïf^ fleurs et v brodées de ruisseaux christallins * ». L'haLitant. d'un naturel Lon et enjoué, se plaît à la conversation et hantise mutuelle, il est fort civil avec les dames. Tours n'est plus seulement la petite ville coquette du siècle dernier, elle se transforme en une cité industrieuse et commerçante, sans I ieri perdre de son élégant aspect *.
* ('A. 1 Eloge descriptif de Paris et des principales villes de l''rattri'. i'ii I pr. pocint; latin rluii coulL-iiipi»raiu. le lombard Antoine AitUrHau, Mrtnrtaire «lu duc Charles dOrlraiis, éd. cl trad. par Le Hoiix d<* IJfu;y, dans Ptiris pt ses Ilisturiens^ p. 571. — Marquis de I*iir|ii-i. J/isioirede l Orléanais, (Amsterdam, 1766. in-^*^"), t. I, p. i-'i.
- Ihid.
■' Antoiiif AsU.saii, Elo^f descriptif... j dans Paris et ses Historit' us, \>. 'jfifj.
• Mîirli'aii, /,*; Paradis délicieux de la Ton rai ne { i(y(yi, in-.i*), p. i").
■■ /hid.
'• Antoin«: Asirsan, Eloge descriptif dans Paris et ses Uistoriens, p. •»7i.