LES \RMAGNACS ET LES BOURGUIGNONS
gine qu'une querelle privée, la mésintelligence de deux ambitieux.
Quand la folie eut rendu Charles VI incapable de gouverner (1392), le duc de Bourgogne Philippe-le-Ilardi*, le plus puissant des oncles du Roi et, d'ailleurs, le seul homme politique qu'il y eût dans le Conseil, prit en mains la direction des affaires ^ Par son expérience et sa fermeté, il imposait à la Reine et aux Princes ; et son autorité semblaitêtre souveraine, lorsqu'en iSqS, le frère du Roi, Louis duc d'Orléans^, manifesta quelques velléités d'opposition. Immédiatement, Philippe songea à châtier l'outrecuidance du jeune prince ; mais, en fait, il se borna à blâmer, en termes hautains, ses ambitieuses j^rétentions ; Louis riposta par des menaces, et le désaccord de l'oncle et du neveu dégénéra en querelle ; entre leurs partisans, il y eut presque conflit. Toutefois, si vive que fût par moments l'irritation des deux rivaux, ni eux ni leurs gens n'en vinrent aux mains*; au reste, un
^ Philippe, quatrième fils du roi Jean II, no en i34'i, surnommé le Hardi pour son courage à la bataille de Poitiers l'iSé. avait reçu de son père en i363 le duché de Bourgogne à titre de lief apanage ; marié à Marguerite, fille et héritière de Louis de Mâle, comte de Flandre, il était devenu possesseur de ce comté à la mort de son beau-père, i384.
* Voy. notre étude sur Isaheau de Bavière.,. La jeunesse^ 1370i4o5, (Paris, 1903, in-8<*), p. 235 et suiv. — Jarry, Vie politique de Louis d'Orléans, (Paris, 1886, in-8«), p. 96.
' Louis de France, second fils du roi Charles V et de Jeanne de Bourbon, né en 1372^ était devenu en 1392 duc d'Orléans.
* Cf. Isabeau de Bavière, p. 291-314 *. « La Reine arbitre entre les Princes ».