‹ La jeunesse de Madame de La FayetteChapitre 11 sur 24 · ET C DEMANDE LE GOSUR · texte numérisé non relu

ET C DEMANDE LE GOSUR

Mn,i& Mus n'allons pas voir M""* de La Paydd^e* uniqaement parmi les savants;, le» ^dants et g6»s de iQtire». Elle est de la cont^ ayant été denarot^etle d'honaenr de la renie. Son mariage ne la met pae en moindre posture qn'autrcloîa : la c^mUiHs& àe La Fayette est de plus haut&qualité que Mt^de^^La Vergne» Poitr loi donner plus de crédit encar^^ il y en€ la trèe vite aoritié qx^ lui témoignait Madame*^

Celle-ci est une des femmes les plus singulière» qui aient vécu, la réunion de maintes contrariétés,^ un être d'aventure et de hasard : mais le hasard ût un chef-d'œuvre.

ËUô était née dans les conditions les plus redoutables. La révolution d'Angleterre commençait. La reiae avait dû se retirer de Londres. Exeter, où elle s'était réfugiée, subissait la menace d'un siège. La princesse naquit le 16 juin 1644. Quinze jours plus tard, sa mère, malade et à demi paralysée, parvint à se sauver; la laissant aux soins d'une gouvernante i

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elle passait en France ; elle était fille de France, sœur de Louis XIII. Ce ne fut qu'au bout de deux ans que la petite princesse put être amenée. La reine Tivait tristement, soit au Louvre, soit au château de Saint- Germain, bouleversée par les nouvelles d'Angleterre et pauvre malgré Taide de la cour. Elle réclamait le nom de « la reine malheureuse >. La guerre civile se mit en France et Ton ne sut pas ce qu'il fallait présager. Quand elle vit à Paris les barricades, ne crutelle pas que la révolution la poursuivait ?

On Ta vue, pendant un hiver, se promener toute Taprès-dînée dans les galeries du Louvre, aQn d'éviter l'extrémité du froid. Plus tard, songeant à cette époque, elle disait : « Nous demeurions souvent sur notre appétit. » Comme elle s'était beaucoup engagée, on ne consentait plus à lui prêter. La cour de France fut gôoée : le cardinal ne faisait plus payer les pensions. Dans ce palais du Louvre, c'était la misère : les marchands ne voulaient plus rien fournir et l'on manquait d'un morceau de bois.

La reine d'Angleterre était pieuse, avec le zèle qu'ont souvent les passions contrariées. Son mariage l'avait rendue souveraine d'un pays que le papisme portait à la fureur. Son catholicisme, là-bas, avait été plus que fidèle, acharné, voire effronté : elle le paya de sa couronne. Elle eut la fierté de son imprudence. Elle endura son malheur comme une volonté divine : elle disait à Dieu merci pour les deux grâces d'avoir été catholique et malheureuse.

Après l'exécution de Charles I®% le 9 février 1649, elle quitta 1^ Louvre et se retira aux Carmélites. Elle avait laissé au Louvre la princesse d'Angleterre, aux soins de lady Morton et d'un capucin très dévoué à

9ft pferBODoe^, le Père Gyprien de 6amaerhei9* Au h^i^ de quelque temps, elle revînt sa Louvre. Le Père Cypriett dH que ee fot povr s'oceuper des iDiérdts du roi son Ms. C'est la vérité ineompièle. L'emnée sairHe êes religieuze^ de ta^ VisitaHon ne dissimule pas que lfe9 CskPinélRes craignirent de jmr la ré^larif^ de feor maisoB mise en péni par la préisenee de la raine. Le courent des Carmélites de îa nie Saial^ Jacques était une marsen c Fune des plus austâres que Ton connaisee dans tous les CNPdres religieux y. Les yisite& que recevait la reîne importunèrent les religieuses : la reine dut s'en aller. Les Ylsitandines ne craignent pas de juger les Carraélttes : « De« per> sonnes qai conduisaient alors cet illustre meoiaeière se formèrent u-ne idée de régularité tout à fklt ezU^irordinaire en égard à la personne d'une reine alflîgée et toute pleioe de vertas. > La douleur qpii le, cooduiisaitau couvent ne la détachait pas du monde ait, elle avait, malgré la mort du roi, s>on métier de renie : toute sa vie, elle se montra fort assidue aux efffces et aux afi»irés. Les Carmélite» n'ayant pas e^ de eomplaisanee, l'es reK'gieuses d» Port-Royal offrirent leur ti^ospitalité r mais la reine Va refttsa. Un couvent tei qo'il lui e« fallait un n'existait pas. Elle prît fe parti le raieiPleur et fonds le couvent de Gliaillot.

Ee 4 octobre, jour de saint Françoi*, Fan 16ÎS0', elle se rendit avec M*** de Motteville, dont une sœur était novice, à ^ Visitation de la rue Ssint-Antoine. Causant avec la supérieure et avec la mère Louise^AngéKqpne de La Fayette^ eMe présenta son projet : les fMles de Sainte-Marie Faccaeî^lipent très volontiers. M. Vincent de Paul, in<stituteuF général de la Mission et allers supérieur deSaint-Antoine, donna son: aveu etchargea

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là nrèr© EÈwillfer de t'enlreprisé-. Il fallait aller vite, an gré de la reme; et l'on B'avaît pas le temps de bâtir, n fallait trouyer une maisoD. Le choix de la reine se porta sur Thôtel Bassompierre, dan» le village deChaHloh Depui» la mort du maréchal, cette be&e^ demeure était ea décret ; plusieurs héritiers la réclamaient ; provisoirement on Futillsait, dit la mémorialiste de lia Tîsitation, pour € tes plQs affretises débauches ». Premièremdnt, Tarchevé^ue de Paris ne consentH pae à Templette. H observa que les Visitandines avaient déjà denx établissements à Paris, un aatre à Sainte-Denis. Pourquoi ce quatrîèmofPenr r la consolation d'une grande princesse » ! Il répliquait, avec beaucoup d'apparence^, quo « fe grand abord du monde serait inévitable dans cette nouvelle maison, à cause des suites d'un» reine chargée d'affisires et d^nfants » ; plusieurs couvents lui donnaient du souci, par des vellé4téis mondaines. Anne d'Autriche s'entremit : Farchefvêque céda, nwtis à condition qu^il n'y eut pas de complications flnaneière». Les religieuses n'avafent pas le sou ; ni la reine d*An* gfeterre : et la reine de France ne comptait rien donner, c surtout dans le temps de guerre, où l'argent est si rare ». Cependant, les VisiianHiines, avec l'audace de FingénuiHé, posèrent leur candidature à l'acquisition de rh6tel Basse mpierre-. Avec l'ac^resse de Fingénuité, elles obtinrentquerhôteUeurfût adjugé, malgré les enchères qui allaient vite, au prix de soixante-six milfe livres, dont elles s'avaient pas Ife premier denier. Les voilà. propFiétairee,.mai&â charge de consigner la somme dans les vingt-quatre heuresv M. Coiffier, « très bon ami de la mère Lhuttlier j^, s'engagea pour ladite somme. Dès- le nois suivant.

les Visitaadines trouvèrent dans la bourse de leurs amis les soixante-six mille livres et vingt mille en sus. Une veuve, la dame Revelois, s'obligea pour deux mille livres de rente et n'eut rien à payer ; ce fut afin qu'on ne pût dire que la communauté fût dans la misère. Elle fut, en quelque façon, dans la misère et vécut assez bien.

Les pires ennuis vinrent des héritiers Bassompierre et principalement d'un comte de Tillières. Les Visitandines ne furent pas niaises ou empêtrées.

11 fallut accommoder en couvent cette maison qui récemment servait à la débauche. Mais, le 21 juin, Chaillot fut prêt. M. Vincent vint à la rue Saint- Antoine ordonner le départ. Il avait nommé supérieure la mère Lhuillier ; assistante, la sœur Louise- Angélique de La Fayette ; directrice, la sœur de la Sourdière, une économe et une sacristine. Après cela, sans dignités, il n'y avait qu'une novice, la sœur de M'"'' de Motteville, et une sœur du voile blanc. Le 28 juin, se lit la cérémonie de l'inauguration, la pose de la croix sur la première porte et l'élablissement de la clôture. La reine d'Angleterre donna un beau parement de brocatelle d'or.

Magnifique maison, toute environnée de prés et de jardins, avec un verger, des fontaines et une terrasse d'où la vue s'étendait, par delà les rives de la Seine, sur la campagne. Il y avait une orangerie et une basse-cour. Il y avait, dans les jardins, quatre chapelles. Les religieuses trouvèrent qu'une telle maison ne convenait pas à des religieuses. A peine arrivées, un peu éperdues, elles coururent aux greniers et ne consentirent à en descendre que sur l'invitation de la reine malheureuse.

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