ET (L DEMANDE LE C(E0R
roi s'attachait véritablement à La Vallière. Ce n'est peut-être pas qu'elle en eût ce qu'on pourrait appeler de la jalousie ; mais elle eût été bien aise qu'il n'eût pas eu de véritable passion et qu'il eût conservé pour elle une sorte d'attachement qui, sans avoir la violence de l'amour, en eût la complaisance et l'agrément. > La subtilité sentimentale que Madame a recherchée, la voilà par un exemple. Le roi fut son élève : un élève enchanté, mais imparfait, qui s'échappait aux réalités plus vite que ne l'aurait voulu Madame.
Les amours de Madame et de Guiche, dans VHiS' toire de Madame Henriette, sont toutes pleines d'extravagance; mais une grâce étrange les embellit et elles ont l'attrait mortel du danger.
M°*^ de La Fayette dit qu'elle a connu enfant la princesse^ d'Angleterre, dont l'esprit et le mérite la charmaient, «c Cette connaissance me donna l'honneur de sa familiarité ; en sorte que, quand elle fut mariée, j'eus toutes les entrées particulières chez elle et, quoique je fusse plus âgée de dix ans qu'elle, elle me témoigna jusqu'à la mort beaucoup de bonté et eut beaucoup d'égards pour moi. > £lle cite, parmi les dames qui formaient l'entourage de la princesse, limes de Valentinois, de Créqui et de Cliâtillon, M^^^ de Tonnay-Charente. Ce sont de bien aimables personnes. M*** de Tonnay-Charente sera cette Montespan si belle, rose et or. M""* de Créqui, Armande de Lusignan, un peu marquée de petite vérole, était fort bien cependant. Et M""* de Cbâtillon, fille de Montmorency le décapité, veuve de Coligny, duc de Cbâtillon, qui fut tué au combat de Charenton, c'était une 'espèce de fille : pour des honneurs, pour de l'argent, dit Bussy, elle eût sacrifié sa mère et son amant. Elle épou-
9«r& le duc de Mackelbourg, prii»ee des Vaiuialfis. fiUe aura une teUe renooimée que Mottsîear iera mille ehâc&iies à Madame sait le tort de gardée près 4e soi une femme taat dëeeiée. Madame ne voudra pas se séparer «L'eUe, qu'a^aût aionée Chariee d'Aogieierre au* temps de VqkïL Cette •Ghàtillon, qui avait le teint >c commeil lui plaisaity. mais d'ordlnaiire elle le voulait avoir blaac et rouge »., on n^avaît paa envie de ligi' èlM sévère. £i c'4eat à cause die son mûy a cliarmBQ41 etvquiallait éveiller laiendreseejosques an fond de^ e<eurs »/ Petites fèmcues d'autrefois, belles mortes qui.^ desns rhis>tx)ipe, otttiaissC'teiSOiAvmiîPd'iiii^ mot, d'un regard ott d'ua rire !
Deux amies de Madame étaient de plus ancienne date ses amies ; M"® de la TrémoïUe et M"*"* de La Fayette, « La preinière, dit M"** de La Fayette, lui plaisait par sa bonté et par une certaine ingénuité à conter tout ce qu'elle avait dans le cœur, qui ressentait la simplicité des premiers siècles. L'autre lui avait été agréable par son bonheur... > Gela veut dire qu'elle avait eu le bonheur ou la chance de lui être agréable... < Car, bien qu'on lui trouvât du mérUe, c'était une sorte de mérite si sérieux en apparence qu'il ne semblait pas qu'elle dût plaire aune aussi jeune princesse que Madame. Cependant, elle lui avait été agréable; et elle avait été si touchée du mérite de Madame qu'elle lui dut plaire dans la suite par le véritable attachement qu'elle avait pour elle. )) Ces lignes sont gracieuses par toute l'amitié qu'on y sent, et aussi par la netteté clairvoyante avec laquelle M°*® de La Fayette parle d'elle-même et de son mérite sérieux. Elle dit qu'elle avait dix ans de plus que Madame. Lors du mariage
de Madame, elle n'a pas vingt-sept ans : cette jeunesse ne lui semble pas de la jeunesse, dans une société où Ton n*a guère vingt ans ou à peine un peu plus de vingt ans. Sa jeune gravité, dentelle a conscience, est jolie. Ce ne sont pas ses vingt-sept ans, qui Font rendue gentiment sage; mais plutôt l'existence qu'elle a eue, ses longues années de retraite à la campagne et sa meilleure amitié donnée à des savants : puis, les qualités que l'on développe en soi^ on les avait déjà et elle était gentiment sage de nature.
Le nom de Madame revient souvent, dans la cor- ^ respondance de M"* de La Fayette et de Ménage. Il arrivait que M™* de La Fayette ne fût pas libre quand l'aurait voulu Ménage : et c'était à cause de Madame. Lui, on ne le voit pas d»Qs les alentours de Maéstne. Ll n'est point assez jeune ; il n'est pas ée te généra^ tion littéraire h laKfuelle Madame s'iniéTesse : 9t il n'est pas da ce groupe dont tes pensoniMtges les pli» éffkinents sont Racine, Molière et Boileaa. Il est d» temps et da gronipQ des érudits^ contre qnm réagit cette jeunesse qui les prend pour des pédants et qpû a bt<ea Famoicir de l'antiquité, maâs de Kaistiquité vivante, si l'on pent dire. Les Racinie et les Boiieau!^ ne les confondons pas a^Qc les modernes dans la querelle «de Perrault «(mtre les anciens ; mais ils n'ont guère plus de rapport avec les énidSls^ àmA Ménage est un échantillon. Les modernes se passe^ raient de l'anCiquitë. Les érudits se contenteraient de^ Tantiquité, aimée pour elle-même et recherchée en sa vérité philologique. Les Racine et les Boiieaar ne relèguent point dans le passé l'antiqiiiijé : il» ia continuent. C'est la jeune littérature, au temps db Ma>dame.
SA € DHINE RAISON » itS
Av mois dQ septembre 1602, penchât la grandJé eolère de Ménage, M^ de La Fayette lai écrit : « J'ai été tout le jour ch«z UEOMlaiiie, à faire ma eour. > Une «lïtre fois, te £9 décembre i66S : c Ne me Tenez peint cbensher demain, mon paui^re monsieur; tohs ne me trouveriez pas et je ne Teux peint que wcis fos«^ siez poiur moi de» pas inisltii^es. Vendt^edi, jaserai à Tows jusque» h trois <ra qtiatx^ feeures que j'irai ches lia<iasB>e. » 6es petites mcm^ione ne sont guère pré* eieuses, à eause de tant de brièveté» M** de La Fayette, quand elle d^flweure à Paris, n'écr^à Ménage que des bilt>ets : oomfiie ils se voyaient songent, la ^nuserie suppléait à récriture.
M*^ «die Lar Fayetto n'a^v^ pas, auprès -de Madame, une ^elkaarge de eo^m'^ EUe ëtait, éans te meeure où ïe permet Tëtiquet^ et Fétiquette le permettait, uae a«»e. Elle ^ «c faine sa cour > à Madame : si feu vmiiy elle lui fiait de fréqaêstes et longues visites. L'infimité amicale oè eUe e^ auprèe de Madame l«i do&ne roccasion d^obliger, pao* exemple, M*^ de Stable qui lui eonfie to soin ém dire è Hadiame eeci ou cela. Et : <r Madame m'a €omme«iéé expressément de rtms faire éen >eompHmeats de sa part et de tous d1re.«c Je tui diis tout oe que tous m-'aviez ordonné... )i Madame emmèfi>e M^* de La Fayette eu visite. Un jour, elles devaiental^rTK)irM°^ de Sablé. Madame lui écrit : « Menrhume est tellement afc^menté depuis Mer qwe je n'ose aller clies M^ la marquise de S&ïM ", car, q«aiid bien même elle n'mi apurait pas de petur, ette en uuraÂt «sûrement mal au ceeur et je pense qwe^ pe^sr éTiler SMicun des deux inceuvénieûÉs, It vaut mieux reine>ttarelâTl6ilPeÂ^«Bidi. Ne^creyez paseepei>éant q4ie ce soit ffsr paresse cpue je manque a» rea^
dez-YOus, mais seulement la peur que j'ai qu'elle n'en ait de moi. Sachez-le d'elte et vous me ferez réponse à l'Abbaye-au-Bois où je vas voir M"' d'Elbeuf. > Marie-Marguerite Ignace de Lorraine était une A légitimée de France », pétite-ûlle d'Henri IV 6t de Gabrielle d'Estrées.
Trois semaines après le mariage de Monsieur, le 20 avril, le roi et la reine partent pour Fontainebleau, où ils arrivent le surlendemain, la reine ayant voyagé en chaise à cause de sa grossesse. Monsieur et Madame restent à Paris quelques jours et ne vont è. Fontainebleau que le 30 avril. Pendant ce temps, M'"*' de La Fayette a vécii dans l'intimité à peu près constante de Madame. Elle était du nombre des dames qui « passaient les après-dinées chez Madame » et la suivaient au Cours. « Au retour de la promenade, on soupait chez Monsieur. Après le souper, tous les hommes de la cour s'y rendaient; et on passait le soir parmi les plaisirs de la comédie, du jeu et des violons. Ënûn, on se divertissait avec tout l'agrément imaginable, sans aucun mélange de chagrin.*) Cest dans ces soirées-là que le comte de Guiche « voyait Madame avec tous ses charmes })• Et le très bizarre Monsieur, jaloux cependant et pervers plus encore, « prenait même le soin de les lui faire admirer : enfin il l'exposait à un péril qu*il était impossible qu'il évitât s>. Je ne sais si M'"* de La Fayette partit pour Fontainebleau en même temps que Madame ou l'y rejoignit ; mais elle y passa une grande partie de l'été. Cette saison-là, M. de La Fayette, quittant sa retraite d'Auvergne, était venu à Paris. Et lui n'allait pas à Fontainebleau : cet homme timide et quiet n'aimait pas les remuements
SA « DIVINE BAISON » 247
de la cour. Il demeurait donc à Paris, voyait sa femme de temps en temps, veillait aux affaires et aux procès, tâchait de Ty remplacer et, en cas de difficulté, rappelait à la rescousse.
A Fontainebleau, où Madame « porta la joie et les plaisirs », M°^* de La Fayette prit part aux jeux élégants de la jeune cour émancipée. C'est le moment où le roi s'éprit de Madame et qu'autour de Madame la galanterie fut nombreuse et charmante... « C'était dans le mmeu de l'été. Madame s'allait baigner tous les jours. Elle partait en carrosse, à cause de la chaleur, et revenait à cheval, suivie de toutes les dames habillées galamment, avec mille plumes sur leurs tètes et accompagnées du roi et de toute la jeunesse de la cour. Après le souper, on remontait dans les calèches et, au bruit des vingt-quatre violons, on s'allait promener une partie de la nuit autour du canal. » Sur le canal, il y avait les promenades en galiotes, embarquements pour Cythère.
Il y avait les erreurs d'amour et leur mélancolie voluptueuse. Il y avait toute la comédie de l'amour, avec les rôles éternels de tendresse et de duperie, de frivolité, d'oubli, les coquettes, les séducteurs, La Vallière qui n'est que la bien-aimée. Monsieur qui n'est que le jaloux. Il y avait les collations, les soupers, la musique ; et, avec toute la variété possible, il y avait la monotonie du plaisir. Et, dans ce gaspillage des heures enchantées, les minutes graves ; et, dans le badînage et la folàtrerie, la véritable passion, soudaine, imprévue, inopportune, qui naît et menace de briser la fine œuvre d'art de galanterie» Il y avait aussi, dans ces délices imprudentes, les passages brefs de la reine d'Angleterre, veuve du roi
848 LA JEUNESSE IBE HADAinC. DE LA FATETTE
décapité, mire du roi q«i, ftur im. irène eosafiglanié, est foiiie : paihétiiqiiefi afertiBsemenrls^ « Ton avûl an aœar plus de sagesse que de fadbLesse graeie^se^ On n'y songe pas. Seoiyeoiige le vm qyàj auftattL-^ue sa cour, cède au pbLiair^ mais qui iraivai^le à sauvegarder t'aiieiiir : et ï(m s'âlOQue du souei qu'il ajoute à sa gaieté. It^ de La Fayette eUe-mème,. plus ratsomiable qus d'antres. Le blàjaae de ae pas mietti^ laisser pacaltre F6s.prit q^e le ciel Ui a doo^aé. Il travaille et s^amuse, tète forte et claire, q«i n'esEibrouille pas les choses.
Le plas beau di\iertiâaemeDt fut un baUei^ cemposé fiar Benserade, Les iaisansy que- daosèrei^ le roi, Madame, les jeunes dames.,, les jeusies filles et les seigniMirs les mieux aUaiii4is^ vers la fin de juillet. M^^ de La Fayette y assista, mais n'y a piodi^ daaEié. Elle n'y a été ni l'une des nympbes autour de Madame, ni l'uae des Tendangeuses à L'entrée de l'Automne, ni l'une des muses arec M"" de MamâAi, de Gommimge&y de La Metàe et les autres jusqu'à neuf, autidiur d'À.poIIon le du£ de Beaufort. Bile regarde et, poiur ces jeux, a tottte coiaplaisance^ mais elle nie s'y mêle pas : elle e&t, avec beaucoup de grâce, la sa^sse.
A la fin du mois de jnîm, Madame, avec la reine^ mère et Mensireur, partit peur Damplerre ou, peodant trois jfours, les reçut la ducb^esse de Cbervreuse, folle maintenant retirée de ses folies principales. Le 4i juillet, la reine d'Angleterre^ ventue passer uae semaine à Fontaiofeèteau, s'eofc retourna par le ebcH min; éo Yam ; et, au cbâteau de Vaux,, le suriAteadant FSouqaet reçut la reinre d'Angleterre, Mansleur et Madame qui l'araient accompagnée jusque-^là :
&A « DTWŒ. RAISON » âtf
eeisie journée de Taux préhide è l'aotre qnâ sera la ealaiflrophê die Fauqoet Je ne safe :si M'^ (tei I^ #ayelte aoe&mpagnaii Madame dans ses déplacenenifi ée BarapieiTB et de Vaux. Mai» elte £iil de la janii^ tragique et somptueuse q«e La PcsifcaJnQe a rameutée, dnn» s» fanteiise lettre à Mancroix, avant de savoir que le désastre-était c^jà dans le trîomfihe du il août. Do Fonlabiehieaa, le 30 août, treim joiars après la fête de Vaux, M°^ de La Fayette écrit à Héuai^ : « Quoique ino<a affaire ne i^ait pas fedl«e^ jâ a'en désespière pas. L'aocahlciBeEnt d'adSaires de M. le surintendant a été cause qu'il n'^a pas donné mes papievi? et je suis persuadée qu'il Toodait peut-être me ferijpe dire (fuelque dtese en me les rendani. Pour na sai^é, elle est raellieure : je n*ai ponKt eut de ûème cette nuit et je me purgerai demain. Men mal ne m'a poi'nt ^empècliée de sertîar. A moios que H. de La Faye&le ne me* mande que je suis absolument nécesfealre à Paris, je ne m'en irai (fine d'ai^ourd'lini «en huit jo«rs. Je tous dirai, lorsque je serai à Paria,, œ q«n me relient ici... n Elle termine sa lettre en recom?dant son af^re à Ménage, qui a promis de la Inen soUkiter. Cette lettre du mardi 30 acHÛi,. telle qne la Tmlà, n^est pas tout à fait claire. La lettre suivante, du vendredi 2 septembre, l'éei^ûare un peu : c Je pense f ue M. de La Fayette v^ns aura mandé qu'en^ iln la âèwe m'a prise, comme elle firend à toswt Je i»onde. Je Tai double tienree; mes accès S4mt foort longs et j'ai des maux de tète horribles. Je m'en irai %&ni h» pil'as tdt qu'il me s«ra^ possible... > Donc, eHe renonce à demeurer les huit jeoDcs qu'elle avait dits, jusqu'à» maardi 6 sef^tembre. ». c Pour mon affaire de Vaux, la vérité est que je me trouvais maà dès devant
que de partir, que cela^^e dura tout le jour et que je ne me suis point mise à table parce que j'avais mal au cœur, sans autre raison que celle-là. Le len* demain, il plut à de certaines gens de dire que c'était par ordre de la reine que je ne m'y étais point mise et que la reine Tavait dit. J'en parlai à Monsieur ; et, ce qui me fait croire que la reine n'y avait pas songé, c'est qu'après que Monsieur en eut parlé à la reine, il me dit que, pour faire taire ceux qui avaient dit cela, il donnerait exprès une collation le jour de la naissance du Roi, qui est lundi, et qu'il fallait que je demeurasse ici pour en être. Ma fièvre renverse tout cela, car il faudra absolument que je m'en aille* Adieu. » Au bout du compte, que s'est -il {>assé? L'on aperçoit que M"** de La Fayette, le jour de la fête de Vaux, a essuyé une avanie. Elle dit que non, qu'elle n'avait pas envie de se mettre à table ; mais elle avoue implicitement qu'elle n'est pas sûre que la reine n'ait pas voulu qu'elle fût en pénitence. Elle a prié Monsieur d'élu(fider cet ennuyeux mystère : et, si Monsieur, causant avec la reine, a su l'exacte vérité, il ne l'a pas dite à M""^ de La Fayette; il lui a promis d'arranger que les bavards eussent à se taire, et voilà tout. Ce qu'elle écrit à Ménage n'est pascom« plet. C'est que Ménage, par une autre lettre de son amie ou par M. de La Fayette, avait déjà quelque information qui sans doute lui permettait de comprendre à demi-mot. Puis, on devine que M""® de La Fayette ne se plairait pas à tout dire et plutôt éluderait le récit de son aventure. Enfin, je crois qu'elle est, de bonne foi, très étonnée de cette aventure et, pour le moment, ne sait pas au juste ce que lui repro^ cherait la reine.
À Ia> idale* <liiâ«epienfhre, r»Qecdote où vavcmbrer Fkmqoetve se voil paB^enoore. L« £He de Vaux B'Oftt ooia^fiqfiwnMBt déroutée* Le«Hf9 M«>j66tés>; e» quit* tant le château à deux heures après mimitt, mtx flambeaux, témoignèrent, dit la Gazetky une satis* faetîoQ menmUeisse'. Bepuis^lmrs, on n'a. rien appiris, iDè!iQe> à Fanlaineblesa, qui montrât que leur sati^ laciton lût de qualité soinrnoisew
le^:août, loToî, que le prince de Condô, le duc 4%nghien, le maréchal de Turenne et d'autres seigneurs accompagnaient, partit À ohevaly dès le -matin, pour un voyage qu'il avait annoacé qu'il ferait en Siretagno. Le i*^ septembre, il arrivait à Nantes ; et Ton coroyait, à Fontainebleau, qu'il serait do rotour avant le 6^ que Ton devait, comme de coutume, eéléteper rannîversaire de sanaiesance. Mais, préciséflM»t le 0, on < reçut nouvel^ que le sieur Fouquet, sorintendant des Finances, avait été le jour prée^konl arrêté à Nantes par ordre de Sa Majesté >. Ce coup de théâtre ei^t ce que M*^"" de La Fayette n'avait pu^évoir et q}ii explique son avanie du 17 août plus certainement que d'abord elle ne s'en avisa.
Cantne elle était fort occupée de ses procès nombreux, ePlfe essaya de proûter, le 17 août, de saToncontre avantageuse avec le surintendant pour obtenir qu'il intervînt en sa faveur auprès des juges. Sans <îottte parut*elle' plus amie de Fouquet, plus dévouée à ce grand et utile personnage, — calamiteox, mais on FignOTrait, -— plus empressée qu'il ne plut & la reine que le fût cette amie de Madame et familière de la cour. La reine eut de fimpatience et, après cela, refusa de s'en expliquer daTantage, vu que la terrible calaurité de Fouquet se préparait secrètement. M"* de
La Fayette ne dut sentir son imprudence qu'à la nouvelle de la soudaine arrestation de Thomme qu'elle avait pensé qui seconderait son intrigue de soilici teuse bien assidue.
Si alors le péril qu'elle avait couru l'avertit d'être plus circonspecte une autre fois, c'est possible. On ne voit pas qu'elle se soit mêlée au désespoir que menaient avec beaucoup d'exubérance les partisans de Fouquet, ûdèles au malheur, comme la sensible Sévigné, ouiidèles au remuement, comme divers amis de Retz et de Port-Royal. Mais elle ne fut point lâche ou seulement pusillanime. Elle ne craignit point <l'aller avec Ménage visiter à la Bastille le pauvre Pellisson. Ménage la tenait au courant des péripéties de l'affaire et, le 27 septembre, par exemple, réunis* santle soin du nouvelliste et la pédagogie latine, lui écrivait : Heri ad fui Scuderiœ etcumea multas horas solus nullisque aliis nisi de Fuketio ei Pellùsoneversatus sum, Pelliêsonis res quanquam ille arciiore cusiodia ab aliquot diebus teneiur, in tuto dixit esse. Ad Fuketium quod attinet, Est bene non potuit dicere, dixit Erit. » On sait ce qu'il advint de Fôuquet, tout au rebours de cette confiance. Pellisson demeura prisonnier. Mais, au mois de décembre 1663, on crut qu'il serait mis en liberté, rendu à sa très chère M^' de Scudéry; et M"** de La Fayette écrivait à Ménage : « Je me réjouis de la joie qu'auront nos amants de se voir» Il faudra sonner double carillon par tous lesclochers de Cythère ; ce sera une des plus grandes fêtes de l'empire amoureux. i> Pellisson ne sortit de la Bastille qu'au bout de deux: ans passés.
L'imprudence de M™« de La Fayette n'eut pas de suites fâcheuses pour elle, qui resta fort bien en
cour. Ni la reine ne lui garda rancune, ni Madame ne lui fut moins amicale.
Madame l'emmène souvent à la promenade. Mais, le 11 avril 1662, Madame ne sort pas encore : il y a quinze jours seulement qu'elle a mis au monde la princesse qui sera la reine d'Espagne. Ce 11 avril, c'est avec Monsieur que M°*' de La Fayette, bien que tourmentée d'un peu de fièvre, se promène au Cours. Elle l'écrit à Ménage le lendemain. Le Cours la Reine était la promenade à la mode. M*^* de Scudéry l'a décrit dans le Cyrus : « quatre grandes allées, si larges, si droites, si sombres par la hauteur des arbres qui les forment, que l'on ne peut pas voir une prome^ nade plus agréable que celle-là » ; tout auprès, coule le fleuve Choaspe, « dont les eaux sont si pures que celles des fontaines les plus pures et les plus fraîches ne les égalent pas ». Les messieurs de Villiers sepro* mènent au Cours, un jour de printemps. Il avait plu ; et les allées étaient un peu désertes. Elles s'emplis^ sent en un moment « par l'arrivée de Monsieur, suivi de quantité de carrosses. On a accoutumé d'arrêter pour tous les fils de France... Comme donc nous avions arrêté devant le carrosse de Monsieur, qui était rempli de dames parmi lesquelles était la comtesse de Soissons nouvellement mariée, il voulut que les files marchassent toujours, de peur d'embarrasser, et cria : Messieurs, marchez, marchez toujours, s'il vous plait ! > Au mois d'avril 1662, la comtesse de Soissons n'est plus si nouvellement mariée qu'elle n'ait pour amant Vardes ; et, à ce moment, ils sont à la vilaine fabrication de la lettre espagnole. Je ne sais si Monsieur la prend encore dans son carrosse. M™' de La Fayette ne l'aime pas. D'ailleurs, elle
2Si LA JEUNESSE DC/VAIMCVE DE LA FAYETTE
n'miMe p«8 lifoiumu?, doat elle »4piove ni les viees ni même les travers ; seulemeoi Hfonsiew, c'est MoBcrieur.
Le i*' juillet 1668, le roî omEDèae â Versailles Monsieur et Madame et les pensonives de leur fiante, panai lesquelles: M"* de La Payetle. C'étaient alors le» coiiimeiiceaients die VersuiUesv El il j eut, ce I*' juillet, uii>e collatien ; après quoi, les TisileiiF9 admirèrest, dit la Gazette, « tous les beaux endroite de cette maison délicieuse ). Il x ^vt wa seuper, après qoei l'on reprit le* efaemlii de Paris. H^ de l/« Fayette garda de son plaisir uDsouresir de lassilud^. Ëiie é^tt, la semaine suivaivte, à ses amis HiFet ci Segrais : « J\i été trois jeurs sur les dents, de cet honorable Toyag^e de Versaîlles ; el j^ar trouré que, si les honneurs cbang;ent les mo&urs, éfn moins ils ne changefit pas la santé et qu'ils n'en donnent pofnt & qui n'en a pas* > Le roi, dans s<es' jar(Mns, tous menait bon train, et>mme un propriétaire content de montrer «on domaine et d'esquisser avec vinsses IR'ojets de bâtir. Dans le sentiment de M"** de. La Fayette, on aperçoit ensemble an glorieux et du fastidieux: : les grands apparais de la cour lai étaient uno corvée à laquelle il ;iui aurait amèrement cKSpIu de renoncer. Elle est mal portante. L*étéf663, elle ne vit que d<e tail : «e Cela me rend délicate et blanche à un tel point que j'espère devenir bientM dame Méné- TÎne, à qui une fleur de jasmin démit le pied. » Ifeis elle aime la cour, tien* à son rang, k la faveurd'ètre distinguée entre les dames de la plus haute qualité, raie a, auprès de Madame, les deux satisfactions de ^intimité charmante et de Torgueil ravi.
Au commencement dePautomne, la cour étant à Vîn-
cennes, Monsieur et Madame partirent, le 25 septembre, pour leur château de Villers-Cotterets. Le 22 septembre, M*"* de La Fayette écrit à Ménage : c Je m'en vais dans trois jours à Villers-Cotterets avec Madame. C'est un voyage de huit ou dix jours. » Le 30 sep-^ tembre, Monsieur, Madame (et aussi M*"* de La Fayette) avaient quitté le château et' passaient à Chantilly. Le duc d'Ënghien était allé à leur rencontre. Le prince de Condé les reçut et le& traita, dit la Gazette^ avec beaucoup de magnificence, leur donna « le divertissement de la chasse du cerf, dont ils virent faire la curée aux flambeaux sur la terrasse », et le divertis* sèment de la comédie. Le 2 octobre, « après avoir été très bien régalés à dîner », ilè partirent pour Vincennes, où ils arrivèrent le soir ; et M""' de La Fayette rentrait à Paris.
Vers la fin d'août 1662, M'"^ de La Fayette écrivait à Ménage : « Je n'ai pris que deux exemplaires et je renvoie les autres, puisque vous les trouvez mal reliés. J'en ai marqué un avec un petit papier. Il y a une faute épouvantable à la 58'"® page, qui 6te tout le sens ; mais cela est sans remède... » Le volume dont il s'agit est le premier ouvrage» de M"* de La Fayette, le petit roman de La Princesse de Montpensier.
Avec le concours obligeant de Ménage, elle s'est occupée de la publication. Le privilège du roi fut € donné à Saint Germain » le 27 juillet 1662. Peu de jours après, l'auteur écrit à son ami : c Je croyais avoir de vos nouvelles aujourd'hui et de celles de la P. de M... Je voudrais bien voir demain matin la première feuille si elle est tirée. » Cela certainement l'amuse. Le roman fut c achevé d'imprimer » le 20 août : <l J'ai bien envie de vous voir et bien envie de
SS6 LA JEUNEaSB I» MjUMVB de la FAYETTE
jToir mes œuvres 6(»<ai>t de la pressa. S tous ^^oules v^nii deB^aî& oéafts à une heure au deux, je sârai avec yQU3 ^a&qiiefl à Irak; et demie. Je vous dcAoe le boQsoir. > Sorties des, presses, les feuilles allère&t à la reliure; et Ht"' de La Fayette eut Ik quelques iBôcauples qm f&tchèrent Ménage el, eHe, ne la fâjchèreut fias heaucdup. £Ile était pins prefisëe de paraître que très aiteutive à soo cestame, tandis (gim Mésage avait une extrême coquetttearie :. ses ourragies .aoiit presque toujours des oftcarreilles de typographie et de reliure^ pour lefiqueUes il n'épargnait ni le aeûi jû la dépense, M"^* de La Fayette lui écrit : « Je vous prie de demander jusques. à trente exemipilaires de notre PtivkeeMe. is ne ne soucie pas trc^ qu'iJ« SKMeiit t«us parfaitement bien reliés. J'en youdraîs seulement une demi-douzaine qui le fussent fort et je les YOtfdraiss de maroquin et dorés sur tf anehe. S'ils' n'en veuteAt pas tant donner eodinme cela, je n'esan oententeKai de quatre. Je vous en renv^iiv deux aOiu qne vous en donniez à M^^^ de Scudéffy et à W^*^ Ameloi et TOUS en prendrez po«r vous de eeux qui seront bien reliés^ quie vous garderez s'il vous plaii, car je prétends que mes eewres- aient place dans votre bibliothèque. ». £Ue dit « mesceiuvr^ > et adone l'intention de né. pas s'en tenir à ce tofue premÂ^.
Dès avant §ue ne parèt en Uibrairie la PrinceAae 4e Monipenri^^ vers la Un de Tété 166^, il en courue deS/ copies. M'"^ de La Fayette s'en plaint k Ménage : « EUe court W ]no*nrde;, mais, par bonheur, ce a'eat pas> sous mon nom. Je voug conj-uré, si tous en entendez, parler» de faire bien carajDao ei vous ne l'aviez jamaifi vue et de nier qu'elle vienne de m^oi, si par hasard oa le disait. » Charles Serel raconie que
&4 C DIYIKE BÂISON » 257
<S0B copies agoîclièxsini la oorîoeiié de eatit qnto ba vsrfuina impiâraé pactit t«ffil.seid.
. Bans £d« ii/)ti;i]£iies fnamçsése^ eu le» (&aerHssemeiSiùi de la pfriwaeMie Auréke, que Segrais pnbliaii en 16^^ la [idQcesse Aupélie blàn^e ces romanfi oé Ton âonaie le& mceufs de chez aoas à des Grecs^ k des Persaoïs ou. à des IndieBS : c'eFt^ dit-élîe^ c ua» peu él(Hgiié de la raison ,»« Pourquoi ne rempteoeraifl-<ott pas ks € homièles Scythes » et les « Porihes généceua » par des Français. Eltie distiatgne ces deux genres d'écrite, loL aouYeUe et te iromim. c La comaii, dit-élfle, écrit Iqb choses coaxkniye la bkaséa&ce le ^eui et à la manière des peètes. > Voità, eoa effet, TopinioD du lemps : le roman relèi^te de la poésie; el c-est ainsi qike Ménage ne craignait pas; de comparer, Timpriiideét! le Grand Cyma eà la Cléiy à Y Iliade ei à VGd^iéa. Mais la ntonrelle c doit iBi peu daTantoiga tenir de l'histoire et s'cUacher platM. à dooner les images des choses comme d'ordinairei nous les ¥oyens arriver que conuae aiotre imaginatloa se les £^itie >. £Ue dit encore : « Nous aroms etntref)ris de FOCOiKler les choses comme elles sont et non pas commie elles doirent être. » Lamème foniLiile Yrendra plus tard so^ns la plume de La Bruyère, dans sa camr paraison de Corneille et de iRacine : « Celui-là peint les homn^es commeils devraieiKt être, celmi-ci les peint tels qu'ils sooit ]». Les règles de la nou:^elle, selen ^eiesatturiboe Segrais à la princesse Aurélie^ sent de qualité racinienne, si Ton peut tronr^er pàut;èt ooraéliens — mais entendons^nous! — les romans de La Galprenède eÉ deM^^ de Scindéry. Lavirité, lapeisiture des hamhkes tels qu'ils sont, le naJknrel : voilà dies aouveantés^ Sssas dxmner à ses personina^es des noms
de chevaliers ou de princes français. Racine amena de l'antiquité jusqu'à ses contemporains, leurs caractères^ et leurs manières; il peignit une image de son temps. C'est ce que fit l'auteur de Idi, Princesse de Monipensier^ qui offre une image vraie de la cour et qui « tient de l'histoire ». L'héroïne est M^^MeMézières, qui épousa François de Bourbon dit le Prince Dauphin, et qui était l'arrière-grand'mère de Mademoiselle.
En 1662, le libraire se donna l'air un peu confus de publier une histoire où l'on voit si émue de pas*» sion malheureuse et illégitime l'arrière-grand'mère de Mademoiselle. Il protesta que cette histoire n'avait été tirée « d'aucun manuscrit qui nous soit demeuré du temps des personnes dont elle parle » ; et l'auteur estimait « que la réputation de M^"^* de Montpensier ne serait pas blessée par un récit effectivement fabu* leux » : du moins croyait-il que l'auteur était de soa avis. Les termes de cet avertissement sont bizarres. A tant insister sur l'impertinence qu'on nie, on la souligne; et c'est à se demander si le libraire, songéant à son négoce, n'a pas désiré le scandale, aussi bien qu'il l'a condamné. Pourquoi feint-il de ne pas savoir si l'auteur est de son avis? C'est à se demander si l'auteur n'est aucunement de mèche avec lui.
Les événements historiques au milieu desquels se développe l'intrigue de M. de Guise et de M*^® de Montpensier sont d'une parfaite exactitude : M"^* de La Fayette les a pour la plupart empruntés à VHiS" toire des guerres civiles de France de Davila, traduite en 1643 par Baudoin, batailles, traités de paix, mariages et maints détails authentiques. Un seul excepté, les personnages du roman sont pris à l'histoire, mais non leur aventure d'amour. Chabanes est
inventé, sauf le nom, que portait un Chabanes para. les ancêtres de Mademoiselle. En somme, M°** de L^ - Fayette a conservé les principaux traits de la vraie histoire ; mais, dans les limites où la bornait l'indispensable vérité, elle a gardé l'aisance et la liberté de son art.
II y a un autre document d'histoire, qu'elle a utilisé : la cour de Madame. La princesse de Montpensier n'est pas Madame ; et le duc de Guise n'est pas Guiche ; et le duc d'Anjou n'est pas Vardes; et le prince de Montpensier n'est pas Monsieur : certainement, non ! M*"® de La Fayette, amie de Madame, n'eût pas révélé, en le copiant ou en le déguisant, ce qu'elle voyait chez la princesse un peu étourdie et dont les intrigues avaient besoin de secret ; et elle ne l'eût pas trahie. Mails il y a copier, il y a déguiser ; il y a enfin trans- » poser : et, transposer, voilà ce qu'a fait H°^* de La i Fayette.
La différence des temps et des circonstances est manifeste. Cependant, il arrive à M*^^ de La Fayette do laisser voir les analogies.
Le duc de Guise n'est pas Guiche. Mais le duc. de Guise n'est pas moins audacieux et fol que Guiche, dans sa recherche de la princesse qu'il aime : une sournoise mondanité, une soudaine impétuosité, de l'entregent presque brutal, l'amusement d'un jeu risqué, une façon de traiter l'amour comme une guerre d'embûches. Et, une après-dinée que, passant par un escalier dérobé, Guiche était venu voir Madame, survint Monsieur : il fallut cacher l'amoureux dans une cheminée ; Tune des filles de Madame le délivra. Le duc de Guise, quand le prince de Montpensier force la porte de la princesse sa femme, la
MO LA JEUNESSE fi£ MABâSHE DE LA FAYETTE
miii de la patliétique entorevue, c'est tout jaste cd f w a le temps ée le sauver : Tune des Femmes deia pnHcesse le ûitt sortir. Le doc de Gttise ^a pour mal le duc d'Anfou^ qui est ( le premier prince da rojmnme > ; el Gkiîdie a potir Tirai' le premier priwott du royaume, qui est Monsieur. Le duc d'Anjoti et la duc cte Guise étaient aanis, comme Tétaient Monisi<eur et <Gu9dia ; il j arait entre eux « un commerce ainsi étrmt ^VtîA peut y en avoir entre deux jeiNies gens » ^ puis édatent les devx brouilles, avec une égale Tie^ lenoe et pour des motifs analogaos.
La princesse de Montpensîer n'est pas Madame^ iHial mais elle a quelques traits de Madame, ca eharme qui fait qu'elle éclipsé toutes les autrus femmes.. L'une et Taotre princesses, oisi les connais** sait peu avant leurs mariages : Tune qui a grandi assez loiu de la cour j^ur n'ar'voir pus vu le dua d'Anjou, Tautre vivant très retirée auprès dte aa mère;. L'une et l'autre n'aiment pas die i»ème«. La princesse de Montpensîer est amoureuse de M* du Guise plus ardemment que Madame ne l'est de Cruiche. U y. a, chez Uaâaaite, <éu badiniage et de l'espièglerie, un goût du plaisir, qui n'est pas davs le carac^èi^e du la princesse de MonÉpensien Mats eiles sont toutes deux imprudesites et promptes à risquer leur éestiuée va gré de lem* faatas»e. BÏiès sont fines et haèitos à trouver ées suiiterfages. La prîucesse de Miontpensieir dit à M. du OuMse : «c N'ayez dés yeuoc ce soir que pour Madame^ je n'eu serai point jalxiuBe, » Il s'agît de la princt^^sse Marguerite, qui dfe^Bt la peine Hapgot* Et MaKlame Henriette, quand sou inteltigeftee avee le roi fait fdus de brait qu'il ne AMicIrsÂt, elle l'engaigu dteias uue aventure avec La VaUière* Ensuite^
SA « DPnWE RAlSOIf * ^t
elles 90iit f un» et Paatre inquiètes de letir strsta-^ gème. La priacesse de Montpensier, Guise « n'aivaR pwr pe« de peîn« à lia guérir de la jalousie que M dimnalt l'a beauté de lEadauïe > ; et Madame Henri'ett^ « ytt avec <|uerq«e chagrin qtue le roi s'attachait réritaWem^Bt à La Yallière >. H est difficile de croire que M°^' ëe La Fayette n'ait pas songé à Hudame Henriette amoureuse du roi son beau-frère, quand efle écrit que M*^* de Hézières, promise autrefois au duc de Mayenne, se résout d'éptyuser le prince dç Montpensier, t connaissant par sa Terto qu'il était dangereux d'^avoir pour beau-frère un homme qu'elle sû^lmitait pour mari ».
Les deux princesses ont dos maris terriblement jaloux. La j'alousie du prince de Mont^ensier, M"* de La Fayetto Ta imaginée à l'imitation de Ta jalousie de Monsieur, telle qu'elle a pu l'observer et telle qu'on la voit dans Yffisiûire de Madame STenrieiie. Le prince de Montpensier a des soupçons mal définis'; t le chagrin que tous ces soupçons-là lui causèrent donnait de mauvaises heures » à la princesse. Miadame Henriette surprend un pareil t chagrin ^ (ftins l'eisprit de Monsieur dès leurs ftançaiiles. Le prince de Slontpensier fait d'épouvantables scènes et analogues à celles que Madame Henriette subit de la part de Monsieur ; le prince de Montpensier ne cesse pas beaucoup « d'accabler la princesse sa femmo par sa présence » : tel -est perpétuellement Monsieur anprès de Madame Henriette.
tes analogies qu'il y a entre la Princesse de Mônih pensier et la cour de Madame, on les aperçut à la cour de Madame : et c'est probablement la caustt pourquoi le roman de W"* de La Fayette y fut
célèbre, ainsi que le prouve un passage de VHistoire de Madame Henriette, Vardes se plaint à la princesse des bontés qu'elle a pour Guiche et le roi ;. c Madame lui répondit en plaisanterie que, pour le roi, elle lui permettait le personnage de Chabanes... > Cela étonne un peu : Louis XIV et Chabanes sont très différents. Qu'est-ce que Madame veut dire? Chabanes, qui aimait la princesse de Montpensier, songeait d'abord au bonheur et à la gloire de cette princesse : c il oubliait sans peine les intérêts qu'ont les amants à empêcher que les personnes qu'ils aiment ne soient dans une si parfaite intelligence avec leurs maris ». Il aimait d'une façon sublime. Madame, en disant qu'elle permet au roi le personnage de Chabanes, ne fait point allusion à ce qui est c extraordinaire » en celui-ci. Mais le roi est bon pour elle, et indulgent; le roi l'aime et elle aime un autre ; le roi lui donne d'excellents conseils, qu'elle ne suit pas. Louis XIV, dans VHistoire de Madame Henriette, est le confident de Madame, souvent, au sujet de Guiche. Elle lui dit bien des choses ; elle ne lui dit pas tout. Un jour le roi lui fait promettre « de rompre toutes ses liaisons avec le comte de Guiche ». Un jour qu'elle gardait la chambre et qu'elle avait dit qu'elle ne recevrait que ceux qui répétaient avec elle au ballet, Guiche étant l'un de ces privilégiés, le roi sourit. Le roi la gronde et lui pardonne et a pour elle une sorte de complaisante bonhomie. Ce n'est pas Chabanes; c'est Chabanes un peu, assez pour que Vardes comprit.
D'ailleurs, ce que M°*® de La Fayette a emprunté à la cour de Madame, c'est moins le détail que le ton du récit. A la cour de Madame et dans la
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PrinttMe de Hanipenùer, la gaiiaaibem eat T^iœco^atk>n de iloui io mondcf: eile esl l'âme <iei^t« société ffiie A^tte La f^yetle a vae ea »on temps let peÊnta en son livre. C'est, là ^t ici, la mèmie Jxardiesse de • galanterie, qai lait que Goicha et te dac de Gaise ftceompi lissent des ^xjj^oits au jexu'ëe ramioar éaMgo^ isBux ; ia même politesse de galanterie, qae Madadia a âsaugarée «t qpd fnt sob inrendioi ravissante; te Biéiiiie' lixse de galanterie, an aooîlieu «decla joie et dos plalsii» », lètes OMirveilïeiises., ias bat» et les ballets ée ed>iir, le baitebxles MauDes à la coar 4b Charles IX et la ballet des Saisonis dans tes'jaridinH ée Foirtainie»* Meau« Ce qcre lài PrincesMe -de Uvnipcmier doiï 4 MsKlame, ^e'edt uae chœse presque indiéfifiissable et ^ai'eii peat «p{)ielier i'airde ia cour^
Un peu plus âgée que cette courj^ie ii»iiroiiA'a guère vingt ans, plus sage, d'un esprit naturellement grave et attentif. M"** de La Fayette ne se donne pas sans réserve à toutes les folies qu'elle regarde. « Je n'avais, dit-elle, aucune part à [la] confidence [de Madame] sur de certaines affaires ; mais, quand elles étaient passées, elle prenait plaisir à me les conter. » Ce qu'elle regarde l'enchante et aussi l'effraye. Elle a une pénétrante connaissance des âmes, de leurs tour-ments, de leurs périk. Elle a une lucidité qui s'adoucit de mélancolie et de poésie. Elle ajoute à l'enchantement d'une vie romanesque le sentiment de la menace; elle peint les grâces d'une heure française, jolie entre toutes iBt alarmante. « Bien qu'on lui trouvât du mérite, c'était une sorte de mérite si sérieux en apparence qu'il ne semblait pas qu'il dût plaire à une aussi jeune princesse que Madame... j> Cependant, Madame l'aimait; et l'on aimait sa « divine raison »^
Les dernières lignes de la Princesse de Montpen-' sier sont sévères : « Elle mourut en peu de jours, dans la fleur de son âge, une des plus belles princesses du monde et qui aurait été la plus heureuse, si la vertu et la prudence avaient conduit toutes ses actions. » Je ne veux pas dire que M"*' de La Fayette offre à f la plus aimable princesse qui sera jamais » la leçon de l'autre princesse qui lui ressemble. Mais enfin, Madame, par légèreté d'âme et bravoure insouciante, s'exposait « aux plus grands hasards où l'on se soit jamais exposé >. L'exemple de la princesse de Montpensier n'est pas une leçon; mais, en quelque mesure et d'une manière (n qui ne fût pas offensante et désagréable à la princesse », l'avertissement du danger, le précepte de la vie, que donne une amie charmée, en tremblant.