‹ La jeunesse de Marie StuartChapitre 9 sur 51 · PARTIE I , SCENE V · texte numérisé non relu

PARTIE I , SCENE V

à celle qu'il aime ; et moi , petit-fils d'un héros , pouvant à peine aspirer au titre de chevalier, j'ose lever les yeux sur une reine!... 0 fatal jour où je fus présenté à la cour de Marie ! que de fois j'ai béni et maudit tour-à-tour l'instant qui me rapprocha d'elle. Accoutumé à la voir, à l'approcher chaque jour, j'avais souvent rêvé qu'un regard favorable.... Etait-ce présomption!... était-ce folie?... Pourtant, à la suite de cette fête brillante qui célébrait la naissance du duc d'Alençon , lorsque le feu , éclatant de toutes parts , se communiquait déjà à la salle où se trouvait Marie, le premier j'eus le bonheur de l'arracher au danger qui l'environnait; je la reçus dans mes bras ; elle était pâle, évanouie... mais je sentais son cœur battre contre le mien... et quand ses yeux se rouvrirent, c'est sur moi qu'ils étaient fixés. Dès cet instant, je me crus quelques droits à sa bienveillance. Dernièrement encore , quand je fus proclamé vainqueur à la cour des poètes, c'est par ses mains que je fus couronné.... Comme Alain Chartier, je reçus un baiser pour prix de mes vers. Ah! je crois y être encore !

Air de la Chapelle de l'amour.

Je reçois aussi la couronne , Avec la faveur d'un baiser; Mais la Louche qui nie le donne, Au même instant vient m'emLrâser!

Jamais à telle re'compense Poète ne fut appelé...

Alain Chartier dormait , je pense; Mais moi, j étais Lien éveille.

Bruit d'orchestre au loin.

Des danses... une fête... toujours paraître calme au milieu de cette foule brillante.... que de fois entraîné

par mon délire , je me suis approché de Marie pour lui faire connaître mes tourmens... Ah! maintenant je dois l'éviter — car je n'aurais pas la force de garder plus long-temps le silence.

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