CHAPITRE CINQUIÈME
Les deux illustres interlocuteurs pourraient seuls nous le dire. Dans leur silence, tout se réduisait à une tradition incertaine que les divers historiens interprétaient à leur gré, tous se copiant et renchérissant les uns sur les aulres, sans qu'aucun d'eux possédât et nous fournît aucune information précise. La lumière ne commence à se faire qu'au xixe siècle, avec la tardive publication des Mémoires de Richelieu. Le cardinal, selon sa coutume, avait écrit sur-le-champ et envoyé de Lyon même, à Louis XIII, une relation de ce qui s'était traité entre lui et Mazarin. Celte relation n'a pas été retrouvée1. 11 n'en reste que l'a-
mente ne che favellasse con tanto vantaggio e riputatione délie cose del suo padrone, o si mostrasse meglio istrutto degli affari di stato e di quelli d'Italia in particolare. » Aubery, t. I, livre 1èr, p. 21 : « Aussi ne saurait-on concevoir Festime et l'amitié que conserva toujours pour lui le cardinal de,Richelieu, et il ne put ou plutôt il ne voulut s'en taire à l'heure même. Au sortir de leur conférence qui dura plus de trois heures, il avoua aux maréchaux de Bassompierre et de Créqui et à d'autres personnes de qualité qu'il n'avoit point rencontré jusque-là de plus beau génie, ni personne qui fût entré plus heureusement dans les négociations et dans les affaires. » Longuerue (Recueil de pièces intéressantes pour l'histoire de France, abrégé de la vie du cardinal Jules Mazarin) va plus loin ; il lait dire à Richelieu « qu'il venait d'entretenir le plus grand homme d'État qu'il eût jamais vu. » Priorato garde un peu plus de mesure, 1. 1, pages 9 et 10. Le Mercure françois, 1650, p. 21, se borne à dire : « Mazarini fut aussi à Lyon avec des propositions de trêve et de paix; mais n'étant autres que celles qui avaient été faites au maréchal de Créqui, elles furent rejetées. » . 1 Richelieu, t. Y, p. 385-386 : « Le cardinal envoya la relation
brégé succinct que le cardinal en donne en ses Mémoires. Cet abrégé, de deux pages au plus, était jusqu'ici la seule pièce authentique sur laquelle on pût s'appuyer, mais sans la pouvoir contrôler en aucune manière. Heureusement Mazarin avait fait comme Richelieu. Lui aussi, de Lyon, le 29 janvier, il s'était empressé d'écrire brièvement à son ministre, le cardinal Barberini, le résultat de la négociation dont il avait été chargé; puis, devant partir le jour même, tout occupé de jeter à la hâte sur le papier une foule de notes et sur l'entretien qu'il avait eu avec Richelieu et sur tout ce qui était arrivé à sa connaissance, il en avait remis la rédaction à un temps plus favorable1; et quelques jours après, ayant toutes ces notes sous les yeux, il en avait composé une rela-
de tout cela à Sa Majesté le même jour, et un ample mémoire des difficultés qui se rencontraient en cette affaire pour avoir ses volontés là-dessus. » L'ample mémoire dont parle ici Richelieu se trouve encore parmi ses papiers aux archives des affaires étrangères, Turin, 4630, 1. 1, fol. 474. C'est en effet un mémoire assez long, écrit par Charpentier, avec des corrections et additions marginales de la main de Richelieu. Mais où est et qu'est devenue la Relation qui raccompagnait?
1 Dépêche du 29 janvier, de Lyon : « Con l'occasione di questo
cavalière che sene viene costi con diligenza dirô solamente à
V. S. Illust. corne ho negotiatocon il sign. cardinale di Richelieu, ma senza ha ver l'assenso alla sospensione, e perché adesso starè scrivendo prontamente quanto mi hà detto et il più che ho poluto sapere, V. S. Illust. restarà, a mio credere, avanti che li pervenga questa, informata di tutlo, risolvendo di partir hoggi... •