‹ La jeunesse de Mazarin;Chapitre 102 sur 282 · CHAPITRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME

besoin. Une heure après un messager de Richelieu vint lui dire qu'il devait être fatigué, qu'il ferait bien de se reposer, et que le lendemain matin le cardinal le recevrait1.

Le 29 au matin Mazarin ne manqua pas de se trouver au rendez-vous qui lui avait été assigné. Il remit au cardinal la lettre du cardinal légat qui l'accréditaitauprès de lui, et alors s'ouvrit en quelque sorte la première scène de l'intéressante entrevue et commença la première conversation.

Mazarin exposa le plus brièvement qu'il put l'affaire qui l'amenait, et s'appliqua à la représenter comme la chose la plus simple et à laquelle le cardinal ne pouvait pas se refuser.

Une suspension d'armes était nécessaire pour que les trois plénipotentiaires pussent s'assembler et former le congrès que le cardinal légat comptait bien venir honorer de sa présence. M. le maréchal de Créqui était convaincu de la nécessité de cette suspension d'armes, mais il avait cru devoir y mettre quelques conditions ; on les avait fait agréer aux deux autres plénipotentiaires ; et si le maréchal n'avait pas signé à Turin l'armistice convenu, c'était par le profond respect qu'il porte à celui auquel, comme à son supérieur, il défère la décision de toutes choses. Voilà pourquoi Mazarin venait supplier le cardi-

1 Première dépêche du 14 février.

nal de ne pas différer davantage une mesure qui devait infailliblement conduire à la paix. L'Empereur y était si bien disposé qu'il venait d'écrire au Saint-Père une lettre où il s'engage à favoriser raccommodement des parties intéressées, et au fond il n'y avait plus qu'à s'entendre sur les prétentions du duc de Guastalla. L'Impératrice adressait tous les jours au comte de Gollalto les plus vives instances de ne pas s'opposer à la paix. Collalto ne voulait ni mécontenter l'Empereur ni s'attirer l'inimitié de l'Impératrice ; et il a dit plusieurs fois à lui Mazarin qu'après avoir poussé son maître à envoyer une armée en Italie pour y soutenir son autorité, voyant qu'elle n'est plus contestée et que l'honneur de l'Empire est en sûreté, il est lui-même d'avis qu'on peut donner les mains à un juste arrangement de l'affaire de Mantoue. Il y avait déjà là de quoi pouvoir prendre assurance dans les intentions de Gollalto : Mazarin en donna une autre preuve bien forte, le désir exprimé par. .le général autrichien de voir un ambassadeur vénitien dans le congrès qui allait se réunir. Quant au plénipotentiaire espagnol, le marquis Spinola, Mazarin en répondit comme d'un partisan déclaré de la paix, et prêt à toutes les mesures qui pourraient la faciliter. Sans doute les Espagnols étaient entrés dans le Montferrat et ils étaient autour de Casai,

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