CHAPITRE SIXIÈME
pas pour détruire un duc de Mantoue qu'elle à mis en mouvement, avec d'énormes dépenses, toutes ses forces d'Espagne et d'Allemagne ; c'est pour maintenir son autorité et bien établir qu'elle protège efficacement ceux qui ont recours à elle. Or, à cet égard, toute satisfaction lui est donnée dans le projet de traité, Charles de Gonzague y prodiguant à l'Empereur les soumissions et les hommages, et le client de l'Autriche, Le duc de Guastalla pouvant être aisément dédommagé dans une juste mesure, si on sait lui faire comprendre qu'il se doit contenter de ce que le duc de Mantoue ne répugne point à lui accorder. Les Français hors d'Italie, voilà ce que l'Espagne doit par-dessus tout se proposer1. Le traité de paix lui assure cet avantage ; sa conclusion la plus prompte importe donc à l'Espagne. Elle sera bien plus puissante en ne formant qu'une seule grande entreprise qu'en s'en mettant deux sur les bras, lesquelles se nuiront l'une à l'autre. Il est bien difficile d'espérer à la fois
1 Cinquième dépêche du 14 février : « Che se il punto principale de1 Spagnuoli consiste in voler vedere fuori d'Ilalia 1* àrmi francesi, hoggi con la pace con seguiranno, la quale tanto più pronta, tanto più giovevole sarebbe stata agli interessi di S. 11. Cattolica, mentre il maggior capitanoche habbïti, con le forze considerabili che ha in Italia e con poter S. M. C. assistera molto iné-s gHo in una parte che in due, sarebbe. poluto passare in Fiandra, dove non si era occasione di sperare prosperi successi seguitafrfb in Italia la guerra. »
m LA JEUNESSE DE HAZARIN.
de grands succès en Flandre et en Italie, au lieu que les affaires d'Italie arrangées, le plus grand capitaine de l'Espagne pourrait passer en Flandre avec toutes les troupes amassées dans le Milanai? et donner à la guerre une énergique impulsion. Il n'y a pas d'illusions à se faire : comment empêcher qu'en parlant de Suse, Tannée française qui s'avance, et que Mazarin a vue, ne parvienne au moins à se jeter dans Casai? Une fois là, les Français pourront attendre l'arrivée d'une armée nouvelle qui leur permette de reprendre l'offensive; en sorte qu'en risquant de perdre quelques hommes, et la France en est pleine, ils seront toujours en état de soutenir une longue guerre dans la Péninsule. Ainsi l'Espagne n'a rien de mieux à faire que de terminer le plus tôt possible ses différends avec la France de ce côté des Alpes.
Une autre considération lui en fait un devoir : le péril de jour en jour croissant de la religion catholique. Et ce n'était pas là un argument de luxe avec le représentant de Sa Majesté Catholique et avec celui de Sa Majesté Impériale, qui toutes lesdeux se donnaient dans le monde comme les gardiennes temporelles de la foi et les premières protectrices de l'Église. Spinola etCollalto avaient eux-mêmes ou affectaient une haute dévotion. Vers ce temps-là, Collalto, ayant perdu