‹ La jeunesse de Mazarin;Chapitre 120 sur 282 · CHAPITRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SIXIÈME

au nom de l'Empereur. Sans doute alors Mazarin n'embrassait pas encore, dans toute leur étendue, les trames ourdies par le duc de Savoie; mais il en vit assez pour n'être plus dupe des apparences, et voici ce qu'il écrivait à Rome, en demandant au cardinal Barberini le plus inviolable secret sur une communication de cette importance : a Le duc de Savoie l affecte la neutralité. Il tient fort à ce que la paix ne se conclue qu'à Turin sous ses auspices, quoique ni les Espagnols ni les Français ne s'en soucient. 11 rêve d'être l'arbitre des événements, et dans le cas où les deux armées en viendraient aux mains, il est bien résolu à se joindre au vainqueur, quel qu'il

1 Huitième dépêche du 14 février : • H Duca... sotto pretesto délia neutralità e di non poter negar il passo à Spagnuoli, procura farli avanzare in luogo di dove prontamente possino spingersi avanlr per opporsi à Francesi se tentassero di avanzarsi ne! le viscère di Piemonte, cosi verrebbe egli à conseguire il suo fine senza apparire diçhiaralo per nessuno, et o dovendosi far la pace non si concluderebbe in altro luogo che in Torino, con tutlo che dà Francesi e Spagnuoli sii slata sempre contravertito, o battandosi queUx due esserciti risolverebbe di accostarsi al vin ci tore per dar Y ultime crollo air altro, che non sarebbe difficile ; ma ognuno. li gûarda troppo aile mani, si che diffido che possa ridurre à fine qaesti suoi pensieri, nei quali non penso d' ingannarmi. Prétende ancora... senza che H possa essere opposta cosa alcuna,di vendicarsi di Richelieu, ch* è persuaso farlo dichiarare con la forza e per tema degli esserciti che conduce e non altrimente per Y ofterla e corte* sia, e mi do à credere che facendo islanza i Francesi di passare in Monferrato, S. A. dira che non glie F impedisce, ma che li Spagnoli slannosi per opporsi.» ,

soit, et à donner le dernier coup au vaincu. Tels sont ses desseins. Je ne crois pas m'y tromper. Mais je doute qu'il y réussisse» car tout le monde se défie de lui et a les veux sur ses moindres démarches. Il aspire à se venger de Richelieu, et il n'est pas même en état de l'arrêter. Le cardinal, de son côté, croit forcer le duc à se déclarer pour les Français, au moins par nécessité, quand le Piémont sera envahi; il se trompe. Le duc n'en fera rien. Lorsque les Français, après avoir franchi les Alpes, voudront passer dans le Montferrat et se rendre à Casai, le duc répondra qu'il ne les en empêche point, mais que les Es* pagnols s'y opposent, et que l'intérêt de ses Étals lui commande la neutralité. »

Nous verrons successivement s'accomplir ces, prédictions du jeune et clairvoyant diplomate. En attendant, le 11 février, il quitta Pavie1, et s'achemina vers Alexandrie où se transportèrent aussi Spinola et Gollalto avec leurs principaux officiers. Il s'en vint ensuite à Bologne; là il rendit compte au cardinal Antoine de ses diverses négociations, et, le 14 février, en un seul jour, l'infatigable chargé d'affaires adressait à son ministre, à Rome, neuf longues dépêches consacrées au récit détaillé de ce qu'il avait fait et vu, avec

1 Huitième dépêche du 14 février : « La medesima matlina che partii di Pavia, che fù H 11 stante. •

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