‹ La jeunesse de Mazarin;Chapitre 121 sur 282 · CHAPITRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SIXIÈME

cette conclusion qui prouve à quel point déjà Mazarin était constant et ferme dans la politique qu'il avait une fois embrassée, alors même que toutes les apparences se réunissaient contre elle. « Les armées ennemies s'avancent, écrit-il au cardinal François Barber i ni; bientôt elles vont être en présence; tout est à la guerre; et pourtant', sans vain paradoxe, j'ose affirmer que la paix est encore possible; elle se ferait même assez promptement si on se voyait, si on s'expliquait, et on va se battre faute de s'entendre. Le cardinal de Richelieu ne repousse point la paix, pourvu qu'il ait l'essentiel de ce qu'il désire. Spinola la souhaite tellement qu'on l'accuse d'y

1 Neuvième et dernière dépêche du 14 février : t Io non vorrei, per parère belle ingegno havendo concetli pellegrini opponendomi alli oommuni e ben fondati, incorrer nella taccia d' imprudente, mentre in tempo che li esserciti marciano e s' avvicinano, e da nessuna délie parti si tralascia apparecchio stimato necessario per la guerre, io mi persuado quasi con sicurezza la pace e molto presto, ma F ardente desiderio che ne hô per vedere una volta conseguiti i tanti fini di Nostro Signore scuserà la mia facilita in credere quello che vorrei. Posso dire d' haver confessato tutti li intéressât! et haver scoperto la loro volonta, la quale certamente in ciascheduno é di pace o per eletione o per convenienza. Richelieu non se ne ritira quando conseguisca Y essentiale oflerendo di non diffîcultare tutto le apparenze di riputatione che si desideranno dallo Spinola e Collalto... S'accorda Spinola con il cardinale mentre dice non pretendere V essentiale, ma solo qualche apparenza... Non so vedere corne non deva concludersi molto presto, non mi parendo probabile che il contentarsi di più o meno Guastalla habbi dà impedire un tanto bene... 11 concludersi là pace m un grorno dipende dal vedersi Spinola con Richelieu. »

nuire en s'y montrant trop favorable. Il s'accorde parfaitement avec Richelieu ; car, encore une fois, Richelieu ne veut que l'essentiel, etSpinola ne veut guère que l'apparence, pour sauver 1 honneur et la dignité de l'Autriche. Collalto reçoit chaque jour l'ordre de faire la paix. Reste le duc de Gu a s ta lia avec ses prétentions; mais, puisque de part et d'autre on est d'accord de lui donner une compensation, ce n'est plus là qu'une difficulté secondaire. Il y aurait un sûr moyen d'en finir en un jour : une conférence entre Richelieu et Spinola, tous deux sincères et tous deux très-puissants. Mais comment es* pérer et qui peut procurer une pareille entrevue? Du moins, ne faut-il pas qu'en de telles conjonctures, la légation pontificale épargne ses peines. Le moment est venu pour le cardinallégat de quitter sa paisible résidence de Bologne et de paraître au milieu des princes, des généraux et des plénipotentiaires qui tiennent dans leurs mains le sort des peuples. Tout le monde l'attend , tout le monde l'appelle. Son intervention peut être très-efficace, et son inaction ferait peser une grave responsabilité sur l'Église, qui fr'est portée médiatrice1. »

1 Neuvième et dernière dépêche du 14 février : Aggiungo à questo che venendosi à rottura, havendo tutti i minislri degli interessati insinuato a quelli di Nostro Signore essere di mesliere

Après quelques jours d'un repos aussi laborieux, Mazarin, impatient de prendre part aux affaires, se rejeta dans la mêlée, et revint de Bologne à Alexandrie. Il y trouva les choses de plus en plus envenimées. Obligé d'écrire au cardinal de Richelieu pour l'informer du résultat des négociations qui lui avaient été confiées à Lyon, il ne put lui adresser qu'une lettre assez vague où il s'efforce encore, selon l'esprit de son rôle et son génie optimiste, de séduire le cardinal à la paix en la lui représentant comme bien avancée et devant être son ouvrage. Cette lettre paraît bien la première que Mazarin ait écrite à Richelieu, et c'est à ce titre et aussi comme un résumé de tout ce qui précède, que nous la mettons sous les veux du lecteur1.

che S. Signoria lllustr. si portasse avanti, probabilmente dira n no che dà loro non è restato di consigliare quello giudicavano protïcuo air aggiustamento, ma che«dà mezza ni si erano sfuggiti li iaipegni. »

1 L'original italien est aux Archives des Affaires étrangères, parmi les papiers de Richelieu, France, 1650, fol. 84. L'écriture en est jeune, ferme, décidée, mais très-difficile à lire; et Ton voit que Mazarin n'avait guère suivi le conseil que lui avait donné son père, de s'exercer chaque jour un quart d'heure à copier quelques lignes d'un beau morceau d'écriture, afin d'apprendre à mieux écrire et de soulager les yeux du Pape. Archives ('es Affaires étrangères, Rome, 1629, fol. 93, lettre de Pierre Mazarin à son fils. 21 juillet : « Se voi poteste rubare un quarto d' hora al giorno per far due soli versi di qualche esemplare, vi liberareste dall' imperfettione del vostro cattivo carattere, e dareste compiuta sadisfattione a Nostro Signore, che legge con gran travaglio le vostre let-

« Illustrissime et révérendissime seigneur, mon très-honoré protecteur, depuis mon départ de Lyon j'ai été voir le comte de Collai to et le marquis Spinola pour leur dire que Votre Seigneurie illustrissime ne serait pas éloignée de la paix, pourvu qu'elle fût prompte et sûre, et je leur ai expliqué ce que vous aviez pris la peine de m'indiquer. J'ai laissé l'un et l'autre disposés

tere e scritture. » Si Mazarin eût suivi ce conseil, que de fatigues il nous aurait épargnées à nous-même! Mais voici sa lettre à Richelieu déchiffrée à grand1 peine : « Illustrissimo e reverendissimo Signore, padrone mio colendissimo, essendo, doppo il mio ritorno dà Lione, passato dalli Signori conte di Collalto e Marchese Spinola, per esporli che Vostra Signoria Illustrissima non si appartarebbe dalla pace mentre Y havesse trovata pronta e sicurn, e havendo explicato questi punli, corne ella restô servita accennarmi, riportai dair una e Y altra Signoria disposilione ad accettarla, e che sarebbe con le sicurrezze e cautele necessarie per stabilimento vero e durabile di essa. Procurai ancora d' intender à che potrebbero restringersi le pretentioni del duca di Guastalla, perche solamente queste par che possino dilatare Y esecutione d' uno tanto bene. Di lutto diedi parte con ogni diligenza a Monsignor Nuntio Panciroli, perche lo rapresentasse à Vostra Signoria Illustrissima, transferendomi io à Bologna per informare il Sign. Cardinale Legato de' miei negotiati, acciô, inteso Io stato délie cose, prendesse risolulione d' avanzarsi à questa voila; ma Sua Sign. Illust. giudicô bene di dispacciare corriere con ogni diligenza à Roma per haver ordine di Sua Sanlilà, quale aspetto d' intender quanto prima. Posso bene assicurarla che lo desidero in estremo per goder Toccasionedi riverirVost. Sign. Ulustr., massime che si promette di ritornarsene glorioso con l' effectuazione di questa pace, confidato nello zelo et authorità di Vost. Sign. Illust r. alla qu^efnccio humilissima riverenza. — Di Alessandria, 20febraio, 1830 Di Vostm Signoria Illustrissima e Reverendissima humilissirr.; e devctissirno strvifore, Giulio Mazarini. »

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