‹ La jeunesse de Mazarin;Chapitre 122 sur 282 · CHAPITRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SIXIÈME

à accepter la paix, avec toutes les précautions et les sûretés qui peuvent la rendre vraie et durable. J'ai tâché de découvrir aussi à quoi se pourraient réduire les prétentions du duc de Guastalla, parce que ces prétentions pourraient seules différer l'accomplissement d'un si grand bien. J'ai tout communiqué en grande diligence à monseigneur le nonce Pencirole, qui doit en instruire Votre Seigneurie Illustrissime, et me suis transporté à Bologne pour rendre compte à monseigneur le cardinal légat de mes négociations, afin que connaissant l'état des choses il prît cette fois la résolution de s'avancer dans le Montferrat. Sa Seigneurie Illustrissime a jugé à propos d'expédier un courrier en toute diligence à Rome, pour avoir Tordre de Sa Sainteté. Je l'attends à tout moment, et je puis assurer Votre Seigneurie que je désire extrêmement recevoir cet ordre, parce qu'il me donnerait l'occasion d'aller présenter mes hommages à Votre Seigneurie Illustrissime, d'autant plus volontiers que je puis me promettre l'honneur de revenir ici avec la paix terminée, grâce au zèle et à l'autorité de Votre Seigneurie Illustrissime, à laquelle je fais ma très-humble révérence. — Alexandrie, 20 février 1630.»

On pense bien qu'une pareille lettre n'était pas faite Dour arrêter Richelieu. Elle lavertissait

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bien plutôt que lepée seule pouvait résoudre des négociations si embarrassées. En autorisant les démarches de Mazarin, il avait eu soin de réserver sa liberté d'action, et il n'avait pas cessé d en faire usage : de Lyon il s'était avancé à Grenoble; à Grenoble, il avait fait tous ses préparatifs pour entrer en Savoie et passer les Alpes.

Que de soins, que de soucis, que de fatigues ne s'imposa pas Richelieu pour assurer le succès de cette seconde expédition bien autrement difficile que la première ! Il fallait augmenter et fortifier notre armée de Champagne et de Lorraine, confiée au maréchal de Marillac, la mettre en état de repousser une attaque des Espagnols du côté de la Flandre et une attaque des Impériaux du côté de l'Alsace ; et Marillac, appuyé sur son frère, le garde des sceaux, et sur la reine mère, leur protectrice, était à la fois très-exigeant, peu sûr et peu capable. 11 était nécessaire d'assembler aussi une nouvelle armée qui pût se porter au besoin ou sur notre frontière du nord ou sûr notre frontière d'Italie. Tous les jours Ptichelieu écrivait à Louis XIII, aux ministres restés auprès de lui, à la reine mère, leur indiquant les diverses mesures à prendre, les régiments à choisir, les officiers propres à les commander. Son inépuisable vigilance s'étendait aux

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