CHAPITRE PREMIER. SI
Grégoire XV devait, tout en reconnaissant la souveraineté des Grisons, l'exercer momentanément, envoyer dans la Valteline une armée plus ou moins considérable, démolir les forteresses élevées par les Espagnols, et mettre garnison papale dans celles qui seraient jugées nécessaires à la défense du pays. Il s'empressa d'assembler des troupes pour remplir cette importante et délicate commission. Parmi les grands seigneurs romains qui répondirent à l'appel du saintpère, était le prince de Palestrine de la maison Colonna. Il leva à ses frais un régiment qui devait faire partie des troupes pontificales. Mazarin était jeune, plein d'ardeur et de courage; de tout temps il avait montré plus d'inclination pour le métier des armes que pour celui de la jurisprudence et de la littérature. Après avoir accompagné l'abbé Colonna en Espagne, il suivit à l'armée un autre Colonna qui lui donna une compagnie dans son régiment; et c'est de cette façon que notre jeune docteur en droit canon et en droit civil se trouva transformé en capitaine d'infanterie *.
1 Telle est la version reçue sur l'occasion qui fît d'abord de Mazarin un militaire. Le mémoire de la Rivista, dans la bonne copie : « Avendo in ogni tempo mostrato più inclinazione air armi che aile leltere, k> diede a vedere mentre facendosi spedizioni per la Valtellina si fece capitano, » etc. Benedetti, p. 15 : « Uffertasegli occasione di npplicarci alla guerra, nei mon d' arme délia
Le nouveau capitaine n'avait aucune expérience de la guerre; mais là comme ailleurs il montra l'intelligence dont il était doué, et il se distingua surtout par Tordre et la discipline qu'il établit dans sa compagnie1. On l'envoya tour à tour en garnison à Lorette et à Àncône* Il ne se contenta pas de remplir parfaitement son emploi : il se fit aimer et considérer de ses supérieurs par une vraie tenue de gentilhomme que son talent et son bonheur au jeu lui permettaient de soutenir. Tout à coup, pendant qu'il était de garnison àÀncône, il apprend que sa mère bien-aimée est tombée gravement malade. À cette nouvelle, il oublie le jeu, son régiment, son devoir, il perd la tète, et au lieu de demander à ses chefs une permission qui ne lui aurait pas été refusée, surle-champ il monte à cheval, court à Rome chez sa mère, la soigne avec la plus vive tendresse ; puis, reconnaissant la faute qui] a commise
Valtellina, elessedi tentare per questa via la sua fortuna, massime per lo facile rinoontro cbe ebbe di ottenere dal principe di Palestrina di casa Colonna, che comandava un terzo di quelle armi, la sua compagniacolonellad'infanteria. » Priorato : t Comme il était favorisé de la maison Colonna, il obtint la lieutenance de la compagnie du régiment de trois mille hommes du prince de Palestrine. '»
* Mémoire de la Rivista : « Ancorche non potesse avère nell1 arte militare altra esperienza che di teorica, mostrava in quella anche il suo grande spirito e buona maniera nel disciplinare i suoi soldati. »