CHAPITRE PREMIER
contre la discipline, il va se jeter aux genoux du saint-père, s'accuse, et implore un pardon qui lui est gracieusement accordé1.
Sur ces entrefaites Vannée pontificale s'avança vers Milan ; elle était commandée par Torquato Conti, général estimé qu'accompagnait en qualité de commissaire apostolique Jean-François Sacchetti , frère du cardinal de ce nom . On avait donné à Sacchetti pour le seconder un sous-commissaire d'assez peu de capacité. Mazarin, toujours appliqué et habile à s'insinuer auprès des grands, s'était servi de la protection du prince de Palestine pour s'introduire chez le haut commissaire. Celui-ci remarqua l'intelligence et l'activité du jeune capitaine; il l'employa avec succès en diverses occasions, et Mazarin éclipsa peu à peu le sous-commissaire et le remplaça dans la confiance
1 Benedetti, p. 13 : « Ne lascerô di riferire un impeto d'amore da luimostrato verso la madré; mentre che ricevendo pessime nuove délia salute di lei, senza dimandar permissione d'assentarsi dal suo quarliere, sene venne volando a Roma, e portatosi immediatamente a i piedi del Papa, con gentili e riverenti modi gli rappresentô che era per supplîcare Sua Santità délia vita, giacchè ben conosceva essere incorso in pena délia morte per haver las'ciata senza licenza la sua compagnia ; ma che non haveva saputo non confidare nélla somma clemenza délia Santità Sua, sperando che si sarebbe compiaciuta di condonare il suomancamento ad un affetto filiale verso la madré creduta moribonda. Il Papa, ammirando la prontezza del giovane, e lodando t di lui rispetti, lo fece partir consolato, et indi a pochi giorni vedendola fuori di pericolo sene ritomô in Ancona. »
de Sacchetti â . Il faisait tous les personnages, véri-
table Protée, dit un de ses biographes*, parlant espagnol avec les Espagnols, parlant français comme s'il l'avait su avec les Français, et agréant à tous par sa politesse et ses façons engageantes. Il semblait doué du mouvement universel3; il était partout selon le besoin du service, à Turin, à Venise, à Milan, dans la Valteline. Envoyé souvent auprès du duc de Feria, gouverneur du Milanais, il apprit à connaître la politique de l'Espagne, son ambition toujours la même quand sa puissance avait décliné, ses hauteurs à la fois et ses artifices. Sur la fin, en 1624 et 1625, il put voir aussi, amenée dans la Valteline par les vicissitudes des événements et par le génie de Richelieu, une armée française à la tête de laquelle élait un chef digne de la commander, Ànnibal d'Estrées, frère de la fameuse Gabrielle, alors marquis de Cœuvres, depuis duc et maréchal d'Estrées, aussi
1 Benedetti, p. 14 : « S'introdusse alla conoscenza di Giovanni Francesco Sacchetti, commissario générale délie genti pontificie, il quale ritrovandolo giovane di straordinaria vivacità et habilita, preferendolo a Francesco Capatio sottocommissario di cui soleva ben spesso valersi, l'impiegô in diversi negotiati, etc. »
9 Benedetti, ibid. : « Col trasformarsi, secondo H bisogno, quai Proteo, di abito e di lingua, coi Francesi in frahcese e coi Spagnuoli in spagnuolo. •
1 Benedetti, ibid. : « La sua ordinaria residenza era riposta in un continuo moto, mercè la sua grand'habilità al negotio che lo chiamava liora in Savoia, hora in Mantova, hora al campo Venetiano, et hora in un luogoethora in un altro. »