‹ La jeunesse de Mazarin;Chapitre 142 sur 282 · CHAPITRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIÈME

Tordre d'entrer en France, et que des troupes autrichiennes, arrivées en Alsace, on détache cinq à six mille hommes d'infanterie pour passer d'Alsace, par la Franche-Comté, en Savoie et attaquer les Français. Spinola est tout près de se laisser encore tromper par le cardinal de Richelieu. Le comte de Collalto s'en étonne, et il en écrit, de son côté, à l'Empereur. Une crédulité aussi extraordinaire ne peut couvrir qu'une grande ignorance ou une grande malice, ou peut-être toutes les deux ensemble, au préjudice de l'honneur des deux couronnes et des intérêts du duc de Savoie '.

Pendant que Charles-Emmanuel s'abandonnait à ces colères impuissantes et à ces projets aventureux, d'autres et meilleures pensées animaient la légation pontificale, et de ce commencement de guerre elle espéra tirer la paix. Le cardinallégat, qui déjà avait quitté Bologne et s'était avancé d'abord à Alexandrie, puis à Turin, dans

1 lbid. • (ïl faut) che si raandi ordine preciso e risoluto al sign. duca diFrilelaud di far le diversioni ed intrare quanto prima ai danni délia Francia... e che per sicurezza délia Savoia passino 5 o 6 m. fanti délie trappe d' Alsatia alla difesa di essa... Il sign. conte di Collalto scrive anco di buon inchiostro, maravigliandosi che lo Spinola si lasci cosi affascinare dalle parole di Richeliù, non potendosi nascondere in questa soverchia credulità o una gran ignoranza o una gran malitia, se forse non concorrono T una e 1' altra, per maggior pregiudizio délia riputazione délie armi délie loro Maestà e degli interessi nostri... etc. »

le désir d'avoir une entrevue avec Richelieu, lorsqu'il était encore à Casalette, se hâta de se rendre auprès de lui, accompagné du nonce Pencirole et de Mazarin. S'étant entendu avec le duc de Savoie, avec Collalto et Spinola, il crut pouvoir parler au nom des diverses puissances intéressées aussi bien qu'au nom du pape; et il s'établit ainsi, à Pignerol, des conférences qui remplirent tout le mois d'avril et suspendirent un moment les hostilités commencées.

Mazarin revit donc pour la troisième fois Richelieu, non plus soucieux comme à Casalette, mais satisfait et entouré de la nouvelle auréole d'un grand péril surmonté et d'un grand succès obtenu. C'est aussi, en cette occasion, qu'il fit la première rencontre d'un autre personnage qui, pour les affaires étrangères et la diplomatie, était le principal confident, le conseiller le plus autorisé du cardinal : le fameux père Joseph, François Leclercdu Tremblay, très-bon gentilhomme, d'abord vaillant officier, puis franciscain zélé, fondateur et réformateur d'ordres, politique à la fois délié, profond, énergique ; sans aucune ambition pour lui-même, mais d'une ambition sans bornes pour la France, qui lui était le grand instrument de la Providence ; dévoué de bonne heure à Richelieu sans nulle ombre de servilité et dans le seul intérêt de leurs communs desseins ; dédai-

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