‹ La jeunesse de Mazarin;Chapitre 145 sur 282 · CHAPITRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIÈME

dont le légat était l'interprète, voulaient qu'avant tout on restituât Pignerol au duc de Savoie, en n'offrant guère d'autres garanties que celles qui avaient paru insuffisantes à la France, même avant les derniers avantages qu'elle venait de remporter. Richelieu disait que, si le roi avait pu compter sur le duc de Savoie, on s'entendrait aisément, sans qu'il fût besoin de retenir Pignerol, mais que le duc étant engagé avec l'Empire et l'Espagne, le roi était bien forcé de prendre ses sûretés dans l'intérêt de ses alliés1. Il offrait de donner au duc de Savoie un juste équivalent de Pignerol'; et, cette idée n'étant point agréée, Richelieu revenait à demander quelle assurance nous aurions que l'armée française, une fois hors de l'Italie, les arrangements qu'on aurait conclus seraient respectés. C'est à la recherche de ces ga-

1 Bibliothèque Barberine. Partiti de' quali si è trattato in Pinarolo; etc. « Moite sono le ragioni che adduce il signor cardinale di Richelieu per dimostrare la nécessita che ha il Rè di ritener Pinarolo, e fra le principali è Y esser S. M. disunita del signor duca di Savoia, perché, quando altrimenti fosse la buona corrispondenza di S. A., potrebbe bastargli per quella sicarezza che hora desidera di poter passare in Italia sempre che si contravenisse al capitolato che si tratla; m à, mentre S. A. è unita co' Spagnuoli, puô dubitarsi che in Italia sia per seguir délie novità e per rendersi difficile a Francesi di passare al soccorro de1 principi loro collegati. »

* lbid. Rispose il cardinale... che al signor duca di Savoia sa* rebbe stata data ricompensa équivalente di Pinarolo, et taie che S. A. sene sarebbe conlentata. •

ranties indispensables que s'appliqua la fertile imagination du père Valérien. 11 conçut divers projets, quelque peu chimériques, que combattit le ferme bon sens du père Joseph. Un peu d'humeur finit par se mettre entre les deux pieux diplomates. Le père Valérien écrivit au père Joseph, le 18 avril, de Pancalieri, qu'on se plaignait fort de ce côté du Pô, des difficultés qu'on opposait de l'autre à des propositions raisonnables, et que cette grande crainte d'une nouvelle invasion du Montferrat et du Mantouan, lorsque l'armée française aurait quitlé les postes qu'elle occupait, ressemblait bien à des finesses pour prolonger la guerre et ne pas rendre Pignerol. Le 19, le père Joseph lui répondit que la France ne faisait point de finesses; qu'elle n'avait qu'un seul et même langage ; que, sans craindre la guerre, elle souhaitait la paix, pourvu qu'elle fût sûre ; mais que demander la restitution de Pignerol sans donner aucune garantie solide pour l'avenir, ce n'était pas vouloir sérieusement la paix ; que, d'ailleurs, il avait l'air de ne parler qu'en son propre nom, sans qu'on sût s'il exprimait les sentiments des représentants de l'Autriche et de l'Espagne1. En

1 Une copie de ces deux lettres est aux Archives des affaires étrangères, Turin, 1630, 1. 1", fol, 432 et 440. Donnons au moins celle du P. Joseph : « Pignerol, 19 avril. Mon révérend père, j'ai reçu récrit qui m'a été envoyé par un trompette de Son Altesse de Savoie. Il seroit inutile de répondre à beaucoup de choses que Votre

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