‹ La jeunesse de Mazarin;Chapitre 147 sur 282 · CHAPITRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIÈME

et l'eut laissé avec le nonce Pencirole continuer les négociations, il y entra davantage ; et fidèle à l'esprit -de ses instructions, voyant à huit ou dix lieues de distance de puissantes armées près d'en venir aux mains, trouvant déjà dans tous ses instincts sa grande maxime, que le temps est l'allié de la raison, il ne craignit pas, dans une conférence particulière avec le père Joseph, de renouveler la demande d'une suspension d'armes de deux mois, en l'entourant de toute sorte de précautions et de garanties accumulées, qui lui donnaient au moins un caractère non équivoque d'impartialité et de conciliation l. Mais les affaires

la suspension d'armes. » On trouve en effet, aux Archives des affaires étrangères, Turin, 1630, t. Ier, fol. 380,1e passe-port donné pour cette affaire même par le cardinal-légat à Mazarin et adressé à toutes les autorités civiles et militaires. Ce passe-port a cela de remarquable que Mazarin y est appelé Minisire du saint- siège, titre qui n'était pas officiel peut-être, mais que le gouvernement pontifical admettait, employait même en certaines occasions, pour relever Mazarin, en considération de ses services : • Dovendo noi mandare à Carmagnola il Sign. Giulio Mazarini, ministro délia Santità di Nostro Signore, preghiamo ogni ministro* ed oftiziale di guerra e quelli ancora di giustizia di quei luoghi per li quali gli converrà passare, à voler dare à lui e à suoi servitori libero transite», et à farorirlo in tutto quello che gli potesse accadere, assicurando ciascuno che noi avremo sempre grata memoria di chi si mostrarà cortese verso di lui e délia sua famiglia. Data in Pinarolo, le 10 Aprile 1630. Il cardinale Antonio Barberini. •

1 Richelieu, t. VI, p. 33 : « Depuis (ce mot indique des négociations postérieures; en effet Richelieu a déjà parlé des diverses propositions du père Valérien et de celles du cardinal-légat pour une suspension d'armes), Mazarin proposa au père Joseph qu'il

étaient trop avancées pour admettre un pareil délai, et Richelieu, qui venait de voir ses conditions de paix de Lyon, d'Embrun, de Casalette de nouveau rejetées, était moins tenté que jamais de se désaisir du précieux gage de juste influence en Italie qu'il venait de conquérir : il laissa donc tomber sans les rompre les négociations, se déclarant sans pouvoir pour conclure et renvoyant la décision au roi de France,

Pendant ce temps, l'armée française s'accroissait et se fortifiait chaque jour l à Suze et à Pigne-

faudroit faire une surséance de deux mois, pendant laquelle le cardinal d'une part, et Collalto et Spinola d'autre, sussent si bien la volonté de leurs maîtres sur toute sorte de difficultés qu ils ne pussent plus en douter (ce qui suppose les désaveux donnés au père Valérien par Spinola et Collalto sur les vraies intentions de leurs cours); que pendant ce temps il faudrait réparer effectivement les contraventions faites au traité de Monçon, donner l'investiture à Mgr de Mantoue, juger le partage de Mgr de Savoie, faire effectivement la ligue pour sûreté de la paix entre le Pape et le collège des cardinaux, les princes d'Italie, l'Empereur, le collège des électeurs, la ligue catholique, la chambre de Spire; et que, cela étant fait, le roi rendit à l'instance de Madame (sa sœur, la princesse de Piémont) Pignerol ; moiennant quoi Mgr de Savoie prornettroit, sous la foi et caution des susdits princes que, en cas qu'il y contrevint, ils s'obligeroient de lui courre sus, de raser toutes les nouvelles fortifications de Pignerol, tous les forts et barricades des passages, les tenir toujours ouverts au roi pour le secours de ses alliés, comme aussi ne pouvoir jamais fortifier lesdits passages. » Cette proposition était trop compliquée pour aboutir; et le cardinal-légat et le nonce ne durent permettre à Mazarin de la faire que pour gagner du temps.

1 La Relation déjà citée : • Les troupes qui étaient en Lan

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