‹ La jeunesse de Mazarin;Chapitre 148 sur 282 · CHAPITRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIÈME

roi, sa base d'opération solidement assise, d'une part, sur les Alpes dauphinoises et les villes et citadelles d'Oulx, d'Embrun, de Briançon; de l'autre, sur nos divers postes de Savoie et sur Grenoble, où s'assemblait la seconde armée que le roi devait venir commander en personne. Nous avions en Italie vingt mille hommes de pied et deux mille quatre cents chevaux1. Richelieu travaillait sans relâche à faire de Pignerol une grande place d'armes. Sous ses yeux et à son exemple, une généreuse émulation s'était mise entre les généraux, et chacun d'eux avait pris une tâche qu'il poursuivait avec ardeur et constance*. A la fin d'avril, Pignerol et les châteaux

guedoc passent ici, et grand nombre de gens de guerre arrivent, de sorte que l'armée se fortifie merveilleusement. »

« Richelieu, t. VI, p. 39.

* Richelieu, t. VI, p. 64. Relation : « Du 8 avril. Mgr le Cardinal a fait dessigner toute la fortification qu'il veut faire aux environs de la ville et citadelle de Pignerol, consistant en huit grands bastions royaux. Il a pris pour lui la conduite de l'un des bastions de la citadelle, et donné à chacun de MM. les maréchaux de France et de camp qui sont ici la charge d'un bastion. Ils travaillent à l'envi à qui mieux; il y a toujours deux mille hommes employés à remuer la terre... Du 14 avril. Nous demeurerons encore longtemps à Pignerol, lequel on fait fortifier avec quatorze bastions et demi-lunes* Tous les maréchaux de France et de camp et M. de Montmorency font faire chacun un bastion ; ils seront achevés tous en même temps. La Rochelle n'étoit pas si bonne comme sera cette place... Ce sera ici où nous ferons notre magasin et la fonte de nos canons, et où Ton fera le meilleur arsenal de France... On fait fortifier le château de Briqueras aveccfàq

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environnants étaient déjà en bon état de défense, et on était prêt à repousser toute attaque et même à reprendre l'offensive au premier signal.

A quelques lieues de là, sur les bords du Pô, du côté de Pancalieri et de Carmagnole, les troupes réunies d'Autriche, d'Espagne et du Piémont formaient aussi une armée considérable \ On tint un grand conseil à Carmagnole. Les avis y furent très-partages. Le duc de* Savoie, qui voyait sa frontière envahie, demandait qu'on en vînt aux mains sur-le-champ. Il parut à Spinola tellement aveuglé par son courage et par le désir de se venger de Richelieu, qu'il prévit le sort au-devant duquel le due se précipitait : il sortit du conseil, dit Mazarin, pensif, presque les larmes aux yeux, et le cœur rempli des plus sombres pressentiments. Il resta quelques jours encore à Carmagnole pour tâcher d'éclairer et de retenir Charles-Emmanuel*. Ensuite, apprenant

grands bastions et des demi-lunes et des cornes. Ce sera une excellente place pour conserver toutes les vallées... Du 17 a'vril.On travaille fort et ferme à la fortification de Pignerol pour la rendre imprenable...!

1 Richelieu, t. VI, p. 39 : «Vingt-deux mille hommes de pied et quatre mille chevaux. »

* Dépêche de Mazarin du 24 avril : « Formatosi un congresso, con intervento di tutti questi signori, trà quali furono diversi parer i... D Marchese sorti del detto congresso tutto pensoso e quasi con le lacrime alli occhi... »

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