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que, pendant son absence, les affaires allaient fort médiocrement pour les Espagnols dans le Montferrat, où Toiras déployait sa valeur et son habileté, il comprit que ce qui importait par dessus tout à son honneur et à celui de l'Espagne était de prendre Casai; il résolut donc de ne pas détourner plus longtemps à un autre usage les troupes qu'il avait conduites sur les bords du Pô, et il les ramena autour de la célèbre forteresse, qu'il se promettait de soumettre en quarante jours1. Le duc de Savoie était furieux contre le général espagnol; il s'en plaignit avec amertume au comte-duc et à Philippe IV1; il demanda formellement son rappel, attribuant à sa mauvaise volonté tous les succès des Français, et l'accusant
1 Dépêche de Mazarin du 6 mai : « II Marchese si impegnô meco che havrebbe voluto perder la testa se in quaranta giorni non T havesse preso, e pure non suol fare di queste sparate. •
* Archives des affaires étrangères, Turin, 1650, 1. 1", fol. 464; lettre du 26 avril à Olivarez en espagnol. En el campo a Panca* lieri. Al Conde Duque. — Ibid., t. II, comprenant les trois mois de mai, juin et juillet, fol. 6, lettre du duc de Savoie à Philippe IV, du 1er mai, en espagnol. L'auteur des propositions portées à Oulx à Richelieu par Créqui dit au roi d'Espagne que Richelieu lui a proposé d'entrer avec lui dans le Milanais, mais qu'il a rejeté cette offre « conforme à la fidelidad que debo al Emperador mi senor y à las obligaciones que tengo à V. M. • Plaintes violentes sur Spinola; il prie qu'on écoute à cet égard l'abbé Scaglia qu'il envoie à Madrid. — Ibid., fol. 26, lettre du 5 mai à l'abbé Scaglia en Espagne. En voici la fin : « Non fù possibile di farlo (Spinola) migliorar punto le sue prime risoluzioni, ne di persuadergli à dar ?5 in. scudi di contanti nelle presenti nécessita, si che, se li ordini
même de s'entendre avec eux, parce qu'il y avait eu de part et d'autre quelque échange de procédés honorables1.
À la nouvelle du départ de Spinola, qui rendait l'armée ennemie incapable de toute grande entreprise, Richelieu crut pouvoir sans danger quitter aussi Pignerol ; il s'éloigna le 2 mai, laissant à Servien et à Schomberg les instructions les plus
non vengano dà Spagna più precisi o se non sono quà meglio esseguiti, non potremo noi indurarla a questo modo, e si fa sempre cognoscere più chiaro e manifesta il bisogno che vi è d' altro ministro meglio intenzionato. •
* Dans la dépêche du 24 avril, plus haut citée, Mazarin nous apprend que des soldats français faits prisonniers avaient été maltraités et dépouillés par les troupes espagnoles ; que Spinola en avait témoigné un très-vif mécontentement et avait dit : «Che non dovessero usare questi termini a quella nazione che guerreggia con tanta cortesia. » — Des dépêches d'Espagne adressées au général espagnol ayant été pris es sur mer par les Français, dans la traversée de Barcelone à Gè n es, Richelieu fit à Spinola la galanterie de lui faire remettre ces dépêches non décachetées. Archives des affaires étrangères, Franck, t. LIV, fol. 101, Richelieu à Spinola, 23 avril 1650 : « Monsieur, un courrier du roy d'Espagne ayant été arresté sur la mer par personnes qui, sans en avoir charge, ont pensé faire service au roy, je vous envoyé ce trompette pour vous dire que, tant s'en faut que je désire me prévaloir de ces dépêches que je serois bien aise de vous les (aire tenir sûrement. Ce courrier que Ton m'amène sera ce soir ou demain ici. S'il vous plaist m'envoyer un trompette et t*n m0t de vostre main, il s'en ira sûrement vous trouver avec toutes les despesches, lesquelles vous cognoistrés bien n'avoir pas esté ouvertes. Cependant je vous supplie de croire que tout ce *pi * passe ne m'empeschera jamais d'estre, Monsieur, vostre tresftffeclionné serviteur, » etc.
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précises, et il s9 en alla au-devant du roi avec le père Joseph et le maréchal de Créqui.
Louis XIII s'approchait en effet. Dès le commencement de mars, il s'était avancé de Fontainebleau à Troyes l où il s'était arrêté quelque temps, occupé à mettre ordre aux affaires du royaume, à achever sa réconciliation avec son frère, et parla à apaiser ou du moins à contenir quelque temps les factions du dedans, redoutables complices des ennemis du dehors. Il avait les yeux attachés sur les frontières de Flandre et de Lorraine, prêt au besoin, avec ce qu'il avait de troupes sous la main, à voler au secours du maréchal de Marillac. Il donnait aussi le temps au maréchal de Bassompierre de terminer toutes ses dispositions et d'amener le corps de Suisses qu'il avait levé dans les cantons. Bassompierre partit deSoleure le 20 avril* avec six mille hommes, et marcha au rendez-vous qui lui était assigné au pays de Gex. Louis quitta Troyes le 23 avril5; il arriva à Lyon le 2 mai4, et après avoir passé toutes ses troupes en revue et publié une ordonnance où il sommait tous les Français, soldats ou officiers, qui étaient encore au service du
1 Mercure françois, 1630, p. 59, etc.
* lbid.f p. 4Û.
* ltrid,t p. 148.
* Ibid., p. 168.
duc de Savoie, de s'en retirer, sous peine d'encourir le crime de lèse-majesté1, il laissa à Lyon les deux reines, sa femme et sa mère, qui avaient voulu raccompagner , avec le garde des sceaux Marillac, et se rendit, le 10 mai, à Grenoble, où la veille était arrivé Richelieu8. L'armée royale comptait huit mille hommes d'infanterie et deux mille de cavalerie. Elle avait pour chefs trois maréchaux, Créqui, Bassompierre et Chàtillon, le petit-fils de l'amiral Coligny,qui,commeRolian, venait de rentrer au service de sa patrie et de son roi. On assembla un grand conseil : Richelieu y exposa devant Louis XIII et discuta de nouveau toute l'affaire d'Italie, avec sa netteté et sa ligueur ordinaires ; on entendit tous les avis ; on prit une dernière résolution; on arrêta les mesures nécessaires5. L'avant-garde fut confia» comme toujours, au maréchal de Créqui4, «ï111» par ses qualités distinctives, le coup d'œil, 1^ **e" cision, l'audace, semblait le modèle du gén^™
1 Mercure françois, p. 169, 170.
* Ibid., p. 182.
* Richelieu, t. VI, p. 77, etc..
* lbid., p. 197. — Non-seulement en 1630, et surtout d*&* Ia belle manœuvre qui conduisit l'armée française en deu* Jours de Casalette à Pignerol, nous voyons le maréchal de Crécj*** *JU" jours à Tavant-garde ; mais il la commandait aussi, avant <* maréchal, en 1620, dans l'expédition qui se termina au co**1 du Pont-de-Cé, ê dans celle de Guienne et de Béarn, dut teW de Luynes.