CHAPITRE SEPTIÈME
d'avant-garde, et qui, en outre, connaissait parfaitement les lieux ; on se tint prêt à entrer en Savoie, et, s'il le fallait, à aller donner la main à l'armée de Suse et de Pignerol.
La légation pontificale, qui n'avait pas renoncé à l'espérance de la paix, sentit de quelle importance il était d'empêcher une jonction qui mettrait fin à toutes les négociations et rendrait inévitable une rencontre sanglante. Puisque Richelieu avait déclaré les demandes du cardinal Antoine remises à la décision du roi, la légation résolut de s'adresser à ce juge suprême; et, poussée en secret par Spinola, sans tenir compte des dispositions contraires de Collalto et de Charles- Emmanuel1, elle envoya encore une lois Mazarin
1 Collalto et surtout le duc de Savoie étaient si opposés à cette nouvelle tentative en faveur de la paix, que Spinola invita Mazarin à ne leur en pas parler, ou à leur présenter la démarche qu'il allait faire comme lui étant commandée par sa cour. Dépêche de Mazarin du 6 mai : • Mi avverti il Marchese Spinola che, sebene al duca di Savoia più d'ogni altro interessato comple la pace, e per consequenza deve sentir volontieri ogni trattato che sene faccia, non era bene impegnarsi dandoli parte délia mia andata dà Richelieu, in modo che non giudicandolo egli conveniente non havesse à seguire, perche in ogni maniera bisognava andare
Moite volte mi disse che bastava dar conto à S. À. del passag-
gio mio dà Richelieu corne d'una esecuzione d'ordine havuto dà Y. S. Illustrissima. » — Mazarin s'entretenant avec le cardinal Maurice, fils du duc de Savoie, lui dit que son père ferait mieux de ne pas commencer la guerre, ceux qui la commencent ne pouvant pas toujours la finir. Ibid. « Non ho possuto lasciar con destrezza di motivarli, circa le doglianze fatle daTduca suo padre
en France porter les vœux pacifiques du Saint- Siège au roi très-chrétien et tenter de l'arrêter sur le seuil de la Savoie et de la guerre.
Mazarin partit de Turin le 8 mai l ; il se rendit d'abord à Pignerol et s'y entretint avec Se rvien et Schomberg. Il fit part au maréchal de sa mission et de ses espérances; il lui apprit que Spinola, tout en assiégeant Casai, inclinait toujours à la paix, qu'il était très-mal avec le duc de Savoie, et que, si on rendait Pignerol au duc, Spinola se croirait quitte envers lui et ne demanderait pas mieux que de traiter avec la France à des conditions honorables1. De Pignerol, Mazarin se mit en route pour Grenoble, où il comptait trouver Richelieu. Mais lorsqu'il y arriva, Richelieu et le roi n'y étaient plus. Déjà Louis XIII était entré en Savoie avec le maréchal
per la pace, che sarebbe stato più accerlato non principiar la guerra, non essendo il più délie volte in mano dei promotori il finirla. •
1 Dépèche du 8 mai de Turin, au cardinal légat : « Doppo haver conferito à Monsignor Nunzio Panziroli minutamente ogni cosa, parto alla [volta dà Grenoble, t etc. La lettre de Pencirole, que Mazarin apportait à Richelieu en guise de lettre de crédit, et que nous[trouvons dans les papiers du Cardinal, Archives des affaires étrangères, France, 1630, t. LUI, fol. 170, est datée de Turin, 7 mai
* Mazarin arriva à Pignerol le 10 mai et il en repartit le 12. Voyez, Archives des affaires étrangères, Turin, 1630, t. H, fol. 44, une lettre de [Servien à Richelieu, Pignerol, 12 mai, et dans les Mémoires de Richelieu, t. VI, p. 64, ce que lui écrit Schomberg de la visite et des ouvertures de Mazarin.