CHAPITRE SEPTIÈME
char et qu'un cheval peut traîner avec leur attirail ; on se sert de boulets de six; on met en ligne une certaine quantité de ces canons sur leur char; ils tirent ensemble; et, au moyen de certaines tablettes qui les haussent à volonté, on défend ainsi l'infanterie en rase campagne contre la cavalerie et la mousqueterie1. » N'étant pas entré dans Casai, Mazarin ne peut parler de ce qui s'y passait que sur les bruits répandus dans le camp espagnol ; mais il est impossible d'être mieux informé, et il raconte au cardinal Barberini ce que l'histoire elle-même nous apprend de la belle conduite de Toiras. « Le gouverneur de Casai n'ayant plus d'argent a fait fondre toute son argenterie. Il parle continuellement à ses soldats ; il les anime en leur répétant que le roi de France est à cheval et s'avance à leur secours \ »
1 Dépêche du 7 juin : « Il Targoni ha fatto tare molti pe zi pu coli che H girano sul carro (première forme de l'affût); tirano sei libre di palla e sono condotti da un cavallo con un ingegno ; et unita una quantità di questi carri insieme servono (en batterie) ; alzando certe tavole (première forme de notre vis de hausse) per coprir la fanteria a difenderla da cavalleria e moschetteria in campagna. •
* Ibid. « Toras intendo, che per mancamentodi danariha fatto batteretutta la sua argenteria; et, ad imitatione di quello che fece con tanta sua Iode nelT Isola di Re, parla continuamente a suoi soldati in publico, animandoli alla difesa, assicurandoli del soccorso poichè un Re di Francia è a cavallo per questo, e rimostrandogli che oltre la ricompensa che ciascuno particolarmente bavrà da S. Ma, non sarà ordinario il premio délia gloria che
C'était bien là ce qui inquiétait Spinola ; il se croyait sûr de venir à bout de Casai, mais pourvu que le duc de Savoie fermât le passage aux Français, et il pensait que le duc était hors d'état de le faire; il redoutait aussi son esprit aventureux et l'emportement de son courage: une défaite des Piémontais eut été un désastre pour les Espagnols. Dans cette crainte, Spinola se hâta d'élever à côté du Pô, à deux milles de Casai, un grand retranchement capable d'arrêter l'armée la plus puissante. « Mais, dit Mazarin, Spinola n'a pu me nier que les Français, en entrant dans le Monferrat, pourraient laisser à gauche son retranchement et Casai, se jeter à droite sur le Milanais, par là le forcer d'abandonner le siège de Casai pour venir défendre Milan, et qu'alors il ne pourrait éviter une bataille en plaine1. » Or, comme nous l'avons dit, Spinola était par-dessus tout un grand officier du génie ; il évitait les batailles en rase campagne plus qu'il ne les cherchait,
ne riporteranno. » VHistoire du maréchal de Toiras nous dit aussi, livre II, p. 160, que Toiras fît fondre toute son argenterie, et que cette ressource épuisée il fit de la monnaie avec le cuivre d'un canon.
1 Dépêche du 7 juin : « Non mi ha saputo negare che passando Tessercito francese puô socorrer Casale, attacando lo stato di Milano, e che nécessitera con questo S. E. ad abbandonar Fimpresa per difendere il proprio, et in tal caso corre anco rischio di non poter sfuggire una battaglia nel tempo che si ritira nello stato sudetto. •