‹ La jeunesse de Mazarin;Chapitre 165 sur 282 · CHAPITRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIÈME

çut et fît approuver au duc Charles de Gonzague et au sénat de Venise le dessein de s'en rendre maître. Pour cela, il abandonna des postes de moindre importance, Solferino, Cavriana, Volta, et se replia sur Marmirolo et Castiglione, plus près de Manloue, afin de tenir en échec Goïto. Mais, quand on approcha de la place et qu'on en vit sortir Galas avec les régiments autrichiens, la peur prit aux Italiens : ils s'enfuirent, et les Français, restés seuls avec les Corses et les Wallons, furent accablés. Cinq cents Français demeurèrent sur le carreau : Candale et la Valette pensèrent avoir le même sort *. Le soir de cette triste affaire,

* Mémoires du maréchal d'Estrées, p. 273 et suivantes. Mercure françois, p. 599 : « Les sentinelles vénitiennes avancées, découvrant l'ennemi, donnèrent l'alarme. Le duc de Candale monta à cheval avec deux compagnies de cavalerie et quelques mousquetaires, lesquels se trouvèrent à l'escarmouche avec les Impériaux, qui les attaquèrent. Peu s'en fallut que ledit duc fût tué ou prisonnier... Le chevalier de la Valette se rallia le mieux qu'il put, fit quelque temps une grande résistance... Trois mille chevaux italiens qu'il y avoit ne voulurent donner, s'excusant sur ce que le prince de Modène, en partant de l'armée, leur avoit défendu d'obéir à autre qu'à lui. Tout le faix tomba par conséquent sur l'infanterie. La frayeur saisit de telle sorte la plupart des Italiens que le duc de Candale, qui s'y porta généreusement» ne les put jamais rallier, et fallut de nécessité que les Français, les Corses et les Capelets fussent les plus battus, le duc de Candale et eux étant contraints de céder à l'ennemi, qui les mena battant jusques à leur quartier de Valezzo, à deux milles du poste perdu, où ils trouvèrent dix à douze cornettes de cavalerie en bataille, avec lesquels le duc espéroit arrêter les Impériaux; mais ils n'eurent jamais le courage de donner et leur faire tête, ainsi ils se mirent

qui eut lieu le lar juin, Sagredo, le général de Venise, tint conseil pour savoir ce qu'on ferait le lendemain. Le général de la cavalerie, de la maison des Pallavicini de Parme, opina ainsi : « Je dirai « mon avis, qui paraîtra véritablement digne de « quelque blâme, mais qui est utile au service « de la République : c'est de se retirer à Pes- « ctiière '. » Tout le reste était à l'avenant. Qu'on juge après cela s'il n'était pas de la dernière injustice de condamner Charles de Gonzague à n'avoir que de pareils soldats, et si la France n'avait pas mille fois raison de vouloir qu'il pût prendre à son service et mettre dans Casai et Mantoue des gens capables de les défendre. Mantoue elle-même, quoiqu'elle fût presque imprenable au milieu du lac qu'y forme le Mincio, et entourée de vastes et pestilentiels marais, qui lui composent de formidables remparts, courait grand risque, avec sa garnison italienne, de sueen fuite le plus lâchement du monde... En cette défaite il y eut cinq cents Français de tués ; et de quatre compagnies du régiment de Candale qui y étoient, tous les officiers furent faits prisonniers... Dans la retraite, les Impériaux attaquèrent l'arrière-garde à cinq milles de Peschiere, ce que voyant le duc de Candale commanda de faire halte et de tourner visage, faisant mettre l'infanterie en bataille ; mais la cavalerie italienne fit comme elle avoit fait le jour précédent, et, sans faire résistance, prit la fuite. Cette déroute fut grande, et depuis les Vénitiens se résolurent de ne plus tenjr la campagne. »

1 Mémoires ded'Estrées, p. 279.

comber dès qu'elle serait vigoureusement attaquée. On dit qu'en cette circonstance Mazarin rendit au duc de Gonzague un secret mais trèsimportant service. Ayant entendu, au camp impérial, des officiers causer entre eux d'un projet de surprendre Ma ntoue par un côté que les assiégés ne surveillaient point, l'estimant assez défendu par la nature, il trouva le moyen d'avertir le marquis de Pomare, un des généraux de Charles de Gonzagup, du péril qui menaçait Mantoue, et quelques jours après des fortifications élevées à la hâte empêchaient les Impériaux de donner suite à leur dessein *.

Cependant le temps s'écoulait sans que Mazarin pût arracher à Collalto une explication définitive ; et il se désolait de voir se prolonger inutilement

1 Nous avertissons que nous ne trouvons cette anecdote dans aucune dépêche de Mazarin ; c'est Benedetti qui la donne, et nous ne la garantissons point. Benedetti, p. 25 : « Gli successe nel sen~ tire, non veduto, il discorso di alcuni officiali dell1 esercito Impériale sotto Mantova circa un progetto da questi fattosi di tentare la sorpresa di detta città dalla parte del Mincio corne da quei di dentro non guardata per essere stimata piena di troppe difficoltà per li aggressori. Mazarini, ch1 era sempre intento al negotio ed ad evitare tutto ciô ch" havesse potuto intricare maggiormente le cose, con un discorso générale tenuto al Marchese di Poma sopra i modi co* i quali poteva Mantova essere invasa, venne à renderlo avvertito del pericolo che poteva correre da quella parte impensa ta, che ben tosto validamente munita rese vano il tentativo de i Tedeschi con loro estrema maraviglia, non sapendo concepire in quai modo fosse potuto trapelare a i neinici questo segretissiroo disegno. i

son voyage. Déjà il s'était empressé d'écrire au cardinal Bagni, resté en Savoie auprès du roi et de Richelieu, pour l'avertir qu'il lui serait bien

difficile de revenir aussi proraptement qu'il l'avait promis; le 14 juin, à Marignan, il prit le parti de lui écrire de nouveau et de lui faire connaître les embarras que faisait naître la résolution de Spinola de ne rien conclure sans avoir l'avis de son collègue le plénipotentiaire autrichien, la maladie de celui-ci, et les retards dont elle était la cause ou le prétexte. Il le priait donc de l'excuser auprès de Richelieu et de prévenir les ombrages qui pourraient s'élever dans son esprit1. En même temps, il ne lui cacha pas le mauvais tour que prenaient les affaires d'Italie. Le traité qu'il apporte contient des articles trop nombreux pour ne pas soulever de grands débats : sans tant de détails, en se bornant à quelques points essentiels, d'un côté, l'investiture du duc de Mantoue,

1 Dépêche au cardinal de Bagni, de Marignan, le 14 juin : « Con tulto che scrivessi a V. S. Illustr. che... difficilmente sareî potuto

ritornare con la risposta del mio negotiatonellabrevità del tempo che havevo presupposto costi al Signr cardinale di Richelieu, vedendo perô che la dimora mia si va facendo maggiore e taie che potrei esserne costi tacciato se non li awisassi la causa, dispaccio il présente corriere addesso, avvisando a V. S. Illustr. chelostare il sign' conte di Collalto poco bene e lontano dal Marchese impedisce il mio ritorno, mentre non ho potuto ancora haver qui risposta... Il rammarico che ho in non trovar modo da sbrigarnri, perché il signr cardinale di Richelieu non formi sinistro concetto délia mia tardanza, è estremo, ma non si puô far altro. »

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