‹ La jeunesse de Mazarin;Chapitre 169 sur 282 · CHAPITRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIÈME

chefs si peu d'accord entre eux \ Collalto affectait aussi une confiance sans bornes dans les forces de l'Autriche. Quand le duc de Savoie, pour ranimer encore, lui peignait les prétendus ravages que faisait l'armée française de Suse et de Pignerol sur le territoire piémontais, Collalto lui répondait qu'il espérait bien que ses Croates rendraient bientôt la pareille à la France *. Au camp impérial personne ne croyait le roi très-chrétien disposé à passer de nouveau les Alpes pour aller délivrer Casai; on disait même qu'il avait déjà quitté la Savoie, et ce bruit enhardissait l'ennemi à tenir ferme et à repousser la paix. Mazarin proteste énergiquement contre cette opinion : «Il y va, dit-il, de la réputation du roi de France de venir au secours de Casai, et il le fera à tout prix. Je viens de voir l'armée française : elle est nombreuse et pleine d'ardeur; elle est capable de faire de grandes choses. Sans doute, il n'est pas selon les règles de s'avancer dans un pays en laissant derrière soi des places telles que Veillane et Turin ;"mais cette nation est de sa nature aventureuse, et elle compte sur sa valeur. On n'a pas

* Dépêche du 15 juin : « So dà perso n a che viene dal campo che il Marchese parla di lui, corne del maggior nemico que habbia il rè di Spagna. . . Non è possibile che questa machina possa esser ben gudata da<genii tanto contrarii. *

* Ibid. « Sopra di che risponde Collalto al Duca, che spera che i Croatti renderanno la pariglia a S. M. Cristianissima inFrancia. »

besoin, dans cette saison, de porter avec soi tant de vivres : on en trouvera dans le pays; on peut donc marcher rapidement, venir présenter la bataille à Spinola devant Casai, ou, en se jetant sur le Milanais, le forcer d'abandonner le siège qu'il a commencé, et donner à la situation une toute autre face \ » Cetle déclaration de Mazarin, transmise à Richelieu, soit par le cardinal Bagni, soit par quelque autre voie, dut faire sur lui une profonde impression, et il ne manqua pas de s'y appuyer pour retenir le plus longtemps qu'il put Louis XIII en Savoie, et le représenter aux yeux du monde comme toujours bien décidé, s'il n'obtenait des conditions de paix honorables et sûres, à franchir une seconde fois les Alpes et à se porter au secours de Casai et de Mantoue *.

1 Dépêche du i5 juin : « Per la riputatione di S. M. importa raolto soccorrer Casale, onde lo tentera per ogni strada... io cbe ho visti i Francesi in buon numéro e volenterosi, credo che siano per far qualche cosa, massime non havendo nécessita di condur seco viveri, potendo, padroni délia campagna, raccoglier quel grano che vorranno... e se bene per buona ragione di guerra non dovriano portarsi a Casale, lasciando piazze aile spalle, in occasione corne questa non credo che sia fuor di proposito non star molto atlaccato aile regole, e quella è una natione che avventura di sua natura qualche cosa, promettendosi molto del suo valore, massime che da quella parte di là possono tenere air incontro del Duca di Savoia un corpo di gente per necessitare S. A. ad assistere senza che possa dargîi alla coda... potrebbe S. M. entrare nel cuore dello stato di Milano, o necessitar S. E. ad accorrere, o persistendo nell* impresa, fare in poco tempo progressi di rilievo. »

8 Richelieu, t. VI, p. 126 et 127 : « Le plus grand secours ap-

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