CHAPITRE HUITIÈME
Henriette, maintenant financier habile, surtout homme de guerre d'une vigueur à toute épreuve. D'Efïîat est un des meilleurs serviteurs qu'ait eus la France dans la première partie du dix-septième siècle. Les historiens ne l'ont pas mis à sa place;. mais le témoignage si fortement motivé que lui rend Richelieu peut suffire à sa mémoire1. Il était alors auprès du premier ministre, dans l'expédition d'Italie, ce qu'avait été Schomberg auprès de de Luynes dans l'expédition d'Anjou : surintendant des finances, il apportait avec lui le nerf de la guerre; général, il pouvait prendre part aux opérations de l'armée. Il ne manquait là que le père Joseph, tout récemment envoyé avec M. de Léon* au congrès de Ratisbonne qui s'assemblait et où allaient se décider toutes les grandes questions agitées en Europe. Introduit dans le conseil avec Bagni, Mazarin y donna toutes les explications qui lui furent demandées. Le cardinal l'invita à écrire une relation de ses négociations auprès du duc de Savoie, de Spinola et de Collallo, en l'engageant à témoigner avec force que le roi n'avait d'autre
* Richelieu, t. VII, p. 158-140. — D'fiffiat fut fait maréchal en janvier 1631, et il est mort le 27 juillet 1652, à la tète de Farinée du Rhin, dans l'expédition de Trêves.
* Charles Brulard de Sillery, prieur de Léon, appelé ordinairement M. de Léon. La nomination du père Joseph est du 29 juin, et il partit de Grenoble pour Vienne le 2 juillet.
intention que d'assurer au duc de Mantoue la possession de ses États, sans aucune prétention pour lui-même, et qu'il était tout disposé à une paix honorable et prompte. Mazarin, avec l'assentiment de Bagni, rédigea sur-le-champ cette relation, à laquelle le cardinal voulut qu'il joignît les propositions de paix qui lui avaient été remises en Savoie, avec les modifications qu'il était autorisé à y faire1. Et déjà le jeune diplomate était si bien dans le secret des affaires de France qu'il ne se trompa point sur le but que se proposait Richelieu : il reconnut que toutes ces démonstrations d'intentions- pacifiques étaient
1 Richelieu, t. VI, p. 140 : c Ledit Mazarin donna au roi, ]e 4 juillet, une relation signée de sa main du voyage qu'il avoit fait d'Italie vers Sa Majesté, qu'il a voit trouvée à Chambéry, et de celui que de là il avoit fait en Italie vers Collalto, le duc de Savoie et le marquis de Spinola, et de ce qu'il en rapportait lors à Sa Majesté qu'il étoit venu trouver à SaintJean-de-
Maurienne • Dépêche de Mazarin au cardinal Barberini,
10 juillet: «Dopo ha ver mi fatto replicar quello haveva ritratto
dà questi signori , mi pregô a formarne una brève relazione
Con il parère del signor di Bagni feci la detta relazione e la sottoscrissi e ne mando copia a Vostra Eminenza..-.. Il cardinale voile ancora che sottoscrivessi li capitoli di pace che mi diedeà Nisi (Annecy), con la limitatione di essi. » En effet, cette dépêche contient en annexe la relation dont il est question, sous ce titre : § Relatione di quello che io Giulio Mazarini riportai in Savoia dà Sua Maestà Cristianissima, et in ltalia adesso dalli Signori Duca di Savoia, Conte di Collalto e Marchese Spinola, i quali si riserbarono a darmi la risposta précisa ai capitoli presenlatigli, unili che siano, che a quest' hora probabilmentedovràesserseguito I" San Giovani Moriana, 4 Juglio 1630. t On trouve enfin parmi les