‹ La jeunesse de Mazarin;Chapitre 182 sur 282 · CHAPITRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIÈME

Yalteline ; Mazarin proposa, en attendant, pour montrer la bonne volonté de la France et de l'Autriche, de confier à la République helvétique le dépôt de la Yalteline et de Pignerol. Richelieu rejeta ce projet, comme plein de longueurs et d'embarras. On chercha d'autres moyens ; on ne les trouva pas ; et pour aller plus vite on s'accorda à laisser provisoirement le statu quo dans la Yalteline et à Pignerol, jusqu'à ce que le duc de Mantoue eût reçu l'investiture de ses États1.

Grâce à ces importantes concessions, que sa raison courageuse sut arracher à Richelieu, Mazarin crut pouvoir répondre du succès de négociations nouvelles, et il les entreprit volontiers, en demandant au roi et au cardinal deux choses en apparence contraires et qui toutes deux conspiraient également à la paix : la première, de ne se pas éloigner, et même de s'avancer jusqu'à Lanslebourg, pour bien montrer que la France ne reculait point, et qu'elle était résolue et prête à la guerre si on l'y forçait ; la seconde, de se borner à envoyer en Italie les renforts qui paraîtraient indispensables, mais sans que ni

1 11 est à remarquer qu'on ne trouve dans les Mémoires de Richelieu aucune mention de cette conférence, qu'atteste et fait amplement connaître la dépêche de Mazarin du 10 juillet, trop étendue pour être cilée en entier.

le roi ni le cardinal franchissent eux-mêmes les Alpes, de peur qu'un tel mouvement ne semblât un démenti à la mission qui lui était donnée. Enhardi par les promesses les plus conformes à ses vœux, Mazarin quitta Sa in t- Jean de-Maurienne le 6 juillet, et se dirigea vers Turin*

Depuis quelque temps le duc de Savoie avait reçu de puissants secours de Collalto et de Spinola : il en attendait chaque jour de plus grands encore, et il comptait avoir à sa disposition, le J9 juillet1, une puissante armée. Walstein lui avait écrit qu'au mois d'août* il viendrait luimême en Italie pour l'y défendre. Mais celte sorte d'invasion de l'Italie par l'Allemagne donna fort à penser aux princes italiens et à Charles- Emmanuel lui-même, qui avait toujours souhaité

1 Dépêche de Mazarin du 10 juillet : « Il duca di Savoia havrà assolutamonle alli 19 stante un esercilo di 56 mila fanti e sopraAmilacavalli, dovendo, oltre il soccorso mandpto dal Marchese di circa 6 mil fanti tulti Spagnuoli fuori del terzo di Siciliani, giuntarsi col suo esercilo dentro al sudelto termine 7500 Alemanni che Michelburg gF invia. Archives des affaires étrangères, Turin, t. JI, f. 446, Mazarin à Bagni, 12 juillet, du camp sous

Casai : « L'esercilo del duca di Savoia è forte Ter li 19 stante

il duca havrà effectivi in campagua 27 in 28 mil buoni fanti e ben vicino à 5 mil cavalli. »

- Dépêche de Mazarin du 10 juillet : « Michelburgh ha scritto di voler venire in ltalia col reslo délia gente, mosso dal desiderio che ha di servire al Duca di Savoia, e che questo possa essere per la meta d'Agosto... »

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