CHAPITRE HUITIÈME
Walstein en France et non pas en Piémont. Mazarin n'eut donc pas trop de peine à lui faire regarder un tel remède comme pire que le mal1; et il assure que non-seulement le duc s'empressa d'agréer les nouvelles propositions de la France en ce qui le concernait, mais qu'il s'employa à les faire agréer de ses alliés2. Tout en répétant que l'avis des plénipotentiaires espagnol et autrichien, quel qu'il fût, serait le sien, Charles-Emmanuel autorisa Mazarin à leur dire que le nouveau projet le satisfaisait entièrement; il fit plus : il envoya le commandeur Passer le témoignera Spinola. Passer vint avec Mazarin au camp sous Casai; et lui qui, un mois auparavant, l'avait si vivement combattu, l'appuya cette fois de toutes ses forces, Spinola tomba d'accord avec eux que ni l'Empereur ni le roi d'Espagne ne pouvaient demander des conditions plus avantageuses que la restitution de ce qui avait été enlevé au duc de Savoie et la sortie des Français de
1 Archives des affaires étrangères, Turin, t. II, fol. 446, Mazarin à Bagni, 12 juillet : « Il Duca di Friedland... è certo che vuol venir, ma... S. Alt., cognoscendo che il rimedio puô essere peggiore del malo, volontieri abracciarà la pace per essimersi ciascheduno dalli rischi che correbbe, dovendo stare in Italia un corpo di 50 mil Alemanni commandati dà una testa... »
2 Ibid. « Per la pace in verilà il Duca di Savoia opéra con efficacia. »
l'Italie; mais avec tout cela il prétendit que dans les étroits engagements qui unissaient sa cour à celle de Vienne, il ne lui était pas possible de traiter Séparément et sans avoir l'assentiment deCollalto1. Celui-ci n'était plus à Marignan : sa maladie s' étant aggravée, et d'autres motifs s'y joignant, il s'était retiré à Como, et Spinola invita Mazarin à s'y rendre. Rien ne peut exprimer la douleur du jeune chargé d'affaires rejeté dans les lenteurs et les incertitudes de négociations inextricables, au moment même où il en croyait toucher le terme. Il vit d'un coup d'œil toutes les conséquences d'un pareil retard, et répondit vivement à Spinola que cette démarche ne mènerait à rien, que Collalto lui répondrait à Como comme à Marignan qu'avant de prendre un parti définitif il voulait s'entendre avec le duc de Savoie et le plénipotentiaire espagnol ; qu'ainsi ce serait toujours à recommencer; qu'on perdait un temps précieux, et qu'au moins fallait-il adres-
1 Dépêche de Mazarin au cardinal Barberini, du 12 juillet: • Il Commendatore ha vivamente rappresentato che essendo ridotto il negotio a cosi buono stato non vedeva ragione per la quale s' havesse più a difficoltare... ha risposto il Marchese che non sapeva che si potesse desiderar davantaggio dair Imper a tore, dal Re Cattolico, e dà S. A. per prestar l'assenso alla pace... ma che con tutto questo non poteva TE. S. dar risposta alcuna, essendo il Conte di Collalto principale in questo negotio» onde era necessario Irasferirsi a Como per intendere i suoi sensi. »