CHAPITRE HUITIÈBiE
Excellence l. On ne peut, en vérité, expliquer une pareille conduite qu'en vous supposant Tordre secret de vous emparer de Casai pour la garder, tandis que vous me répétiez sans cesse que si vous preniez Casai, ce serait pour la rendre le lendemain afin d'acquérir à ce prix la paix. Or la paix, je l'apporte; d'un mot vous pouvez la donner à l'Italie et à l'Europe ; et vous ne m'offrez plus que de vagues assurances de vos bonnes intentions ! Mazarin se réduisit à demander un armistice de six jours, qui permît au duc de Savoie, à Collalto et à Spinola de se réunir et de prendre une résolution commune. Le général espagnol déclara qu'il ne pouvait accorder cette suspension d'armes, si favorable à Casai, qu'autant que Collalto en accorderait une semblable pour Mantoue. De cette réponse, et d'une foule de questions qui lui étaient adressées sur l'état de Mantoue, Mazarin conjectura que Spinola craignait que son rival n'emportât cette place avant que lui-même ne fût venu à bout de Casai 2. A propos de suspension d'armes, Spinola en of-
1 Dépêche du 12 juillet : • Di maniera che la M. S. senza farmi alcun torto poteva formar sinistro concetto del mio modo di trattare, mentre seguiva differentemente dà quello havevo promesso,
che per mia giustificatione non havrei potuto dir altro se non che V haverla io ingannata era procedulo dalF haver data piena credenza a quanto S. E. m' haveva tante volte assicurato. »
9 Ibid. « Dà che ho dedotto e dal dimandarmi sempre in che
frit une autre de vingt jours, pour tâcher de s'entendre, après lesquels la France aurait vingt autres jours pour tenter de secourir Casai; et si elle ne le pouvait, ce second délai expiré, Toiras remettrait la forteresse entre ses mains. Sur quoi Mazarin se récria et dit que, secouru ou non, Toiras pouvait se défendre bien plus de quarante jours. Il est évident, écrit Mazarin à Barberini1, que Spinola veut deux choses: la paix, pour le roi d'Espagne, et Casai pour luimême, parce que la prise de cette citadelle mettrait le sceau à sa gloire, confondrait ses ennemis, et répondrait victorieusement au duc de Savoie et à Collalto, quir l'accusent de consacrée toutes ses forces à un siège qui n'avance guère, au lieu de venir défendre avec eux le Piémont et l'Italie.
Spinola termina la discussion en disant à Mazarin qu'il se trompait de croire que Toiras pût se soutenir à Casai plus de quarante jours encore; qu'au reste, il ne demandait pas mieux que d'accorder une suspension d'armes pluslon-
slato si trova questa Città, che S. E. terne che se ne faccia il Conte padrone prima ch' Ella di Casale. »
1 Dépêche du 12 juillet : • Per quanto posso vedere, il Marchese \orebbe Casale e la pace ; questa , perché forse conosce convenire al Re ; e quella, per poter con la gloria che acquistarebbe abolire tutte le oppositioni che le sono state fatte, essendo venuto con tanla poca ragione sotlo questa piazza, e senza npprovarlo ne il Duca ne Collalto... »